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Le Zajal, musique de Cour galante

Le Zajal, musique de Cour galante

La forme poétique la plus typique des poètes arabo-andalous a été la mouachah (chants racontant les épopées) ou le zéjal ou zajal ou encore zagal (Arabe: زجل) , créée par Mucaddam Ben Mufa el Cabri, un aveugle de la province de Cordoue qui vécut au temps de l'émir Abdallah et de Abderraman II, à la fin du IXe et au début du Xe siècle. En arabe le mot zajal désigne une joute oratoire ; un art toujours populaire dans la société rurale.

Cette forme poétique fut très populaire pendant tout le Moyen-Âge. Dans les cours provençales, premier reflet de l'esprit des cours galantes et raffinées à la manière andalouse qui se manifeste dans l'Europe chrétienne, les troubadours, sillonant d'un pays à l'autre, connaissaient très bien la moussiqua al-âla ainsi que l'utilisation des instruments de musique.

La composition de poèmes en arabe dialectal n'est pas récente dans le monde arabe. Nous connaissons la poésie d'Ibn Quzman, auteur des zajal, qui vécut en Andalousie au XIIème siècle. Si le zéjal médiéval est écrit dans le registre dialectal, il est absorbé par la métrique classique. Nous avons aussi la poésie, connue par le nom de malhoun, de Sidi Abderrahman El Majdoub, qui vécut au XVIe siècle.

Les instruments les plus usités dans la musique arabe étaient l'oud (عود), ancêtre du luth européen employé parfois comme basse mélodique ou rythmique dans les ensembles instrumentaux, et le nay, une flûte de roseau. Les instruments à percussion les plus courants sont des tambours en forme de sabliers (comme la darbouka دربكة et des tambourins avec ou sans clochettes (daff ou târ). Les noms et les formes des instruments varient en fonction de leur région d'origine. Des instruments à anche double, de différentes tailles, tels que le mijwiz au Liban et le mizmar en Égypte, sont utilisés lors de célébrations en plein air. Le rebab arabe, violon à pointe joué verticalement, peut être historiquement apparenté au violon européen, lui-même adopté dans de nombreuses régions arabes, notamment dans les orchestres arabo-andalous. Parmi les autres instruments classiques figure le Qānun(قانون‎) - adopté dans l'Europe médiévale sous le nom de canon), cithare à soixante-douze cordes métalliques.

La forme du Zajal apparaît déjà chez certains des plus anciens comme Guillaume de Poitiers. Au nord de la France nous trouvons une multitude de ballades et de rondeaux écrits en forme de zéjel, certains datant du XIle et la majorité du XIIIe siècle. Le célèbre rondeau "La Belle Aëliz", dans le "Jeu de Robin et de Marion" d'Adam de la Halle, est un zéjel de la forme Ia plus pure.

Malgré la chute de Grenade et celle de la dynastie des Banû al-Ahmar, en 1492, les us et coutumes des musulmans, et plus particulièrement leur tradition musicale de al-Andalous, perdureront. Les morisques, ministriles et zambreros sont toujours sollicités par les chrétiens pour participer à la vie musicale à l'occasion de fêtes sacrées et profanes.

Le grand Guillaume de Machaut nous a donné maintes preuves de sa connaissance très approfondie de la musique et des instruments de musiques arabes.

En Italie, la forme du zéjel apparaît pour la première fois dans l'éloge de Fra Jacopone da Todi, disciple de St François d'Assise. De nombreux frottola, forme poético-musicale florissante en Italie au début de la Renaissance. C'était le style prédominant des chansons populaires italiennes composées entre 1470 et 1530. Ce fut le style le plus important avant l'apparition du madrigal.
 

Contributions

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