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Kamel Hamadi

Kamel Hamadi

Kamel Hamadi de son vrai nom Larbi Zeggane (né le 22 décembre 1936 à Ath Daoud, commune de Yatafen (Wilaya de Tizi-ouzou) est un chanteur algérien. Artiste incontournable du Patrimoine kabyle et algérien, il a joué un rôle prépondérant dans l’émergence de plusieurs artistes de son pays. Compositeur et interprète de chaâbi, il joue aussi du oud.

 

De Idir, à Lounis Aït Menguellet en passant par Djamel Allam et la génération raï (notamment Mami et Khaled[1]), tous, ont croisé la route du maître bénéficiant de son influence et de son prestige pour les uns, de son génie créatif pour les autres. Mais malgré une carrière exemplaire et prolifique, Kamal Hamadi demeure une figure méconnue de la jeune génération et son œuvre mérite davantage d’être connue dans toute sa dimension. Slimane Azem, pour la chanson et Sacha Guitry pour le théâtre l'ont beaucoup marqué dit-il. Malgré son oeuvre unique en son genre dans ses aspects quantité, qualité et variété, Kamel Hamadi est resté peu médiatisé et reconnu contrairement à d'autres artistes[2].



Biographie et évolution musicale

Son itinéraire singulier commence le 22 décembre 1936 à Aït-Daoud, un petit village perché sur le flanc du Djurdjura dans la région de la Grande Kabylie où il naquit. Quatorze années plus tard, il quitte sa Kabylie natale pour s'établir dans la capitale afin d’y travailler dans le textile et y perpétuer l'art de la composition musicale.

Kamel Hamadi a débuté dans la couture pour devenir par la suite homme de théâtre et de radio avec une inspiration prolifique dans la chanson kabyle et autres. Alors que tout le prédestinait à la vie tranquille et anonyme d’un modeste ouvrier du textile, de fil en aiguille, s’est tissé un tout autre destin.

 

En 1952, son rêve se matérialise au hasard d’une rencontre avec Boualem Rabia, artiste reconnu parmi l’élite musicale de la capitale. L’homme « providentiel » le fait connaître auprès d’Arab Ouzellag qui l’encourage à persévérer dans la voie de l’écriture. Une année plus tard, sous l’impulsion de Saïd Rezoug , Kamal Hamadi fait ses premiers pas à la radio. Sa première chanson, en arabe dialectal, est interprétée à Radio Alger par Abdelkader Fethi. C’est ainsi qu’il passe de l’ombre à la lumière.

 

En 1954, Larbi Zeggane endosse le nom d’artiste de Kamal Hamadi pour échapper à la colère familiale[3], troque définitivement son ciseau contre une plume et devient un subtil ciseleur de vers et un brodeur de mélodies accompli. C’est ainsi qu’il taille ainsi depuis un demi-siècle, des œuvres sur mesure pour les plus grands interprètes de la chanson kabyle et maghrébine, parmi lesquels figurent, l’illustre Mohamed El Anka, Hanifa[4], Aït Menguellet, Atmani, Karima, Smaïl Ahmed, Khaled, Mami et Noura[5], son épouse, «première star algérienne, avec Slimane Azem, de l’industrie musicale française» couronnée d’un disque d’or en 1970.

 

Très tôt « prisonnier de la magie du cinéma égyptien » Kamal Hamadi n’a pu résister à la tentation de devenir chanteur. En octobre 1959, il embrasse donc une carrière d’interprète et enregistre à Paris, pour le compte des éditions Tepaz, quelques titres de sa composition dont yid-em yid-em et lheq n rekba, plébiscités par le public. Mais le jeune homme se sait, avant tout, né pour écrire. De la puissante verve du poète jailliront deux milles œuvres ; des chansons, des pièces de théâtre, des opérettes, qu’il présente vingt ans durant à la radio où il s’impose comme un élément essentiel.

 

Dans la vie artistique algéroise des années 50-60, influencée par une tradition musicale d’expression arabophone malgré la présence d’une communauté kabyle dominante - le jeune homme, fier de son identité berbère, a su faire entendre sa langue maternelle, composant en kabyle pour les grands maîtres de la chanson algéroise. Il puise son inspiration dans les préoccupations sociales quotidiennes de son peuple, incite notamment à la sauvegarde de l’héritage séculaire des ancêtres, aborde le sempiternel et douloureux thème de l’exil sans pour autant négliger des sujets plus joyeux et pétillants dont la légèreté n’aura pour seul but de plaire et de distraire.

En 2008, il est élevé au rang de Chevalier de la Légion d'Honneur.

 
Liens internes

  • Musique kabyle
  • Musique algérienne

 

Sources

 

Notes et références de l'article

  1. "Aïch Rebel Sun" a été écrit pour Khaled par Kamel Hamadi.
  2. Il a avoué que lui aussi n’a pas été épargné, “dans le temps”, par l’invasion de la culture égyptienne. Il adorait particulièrement Kamel El Chenaoui et Aimad Hamdi, Il a pris leurs deux noms pour en faire son pseudonyme, “Kamel Hamdi”. C’était pour signer sa première opérette, montée à base de chansons de Slimane Azem, dans les années 50 à la radio. Le lendemain, les journaux ont rapporté le sujet en parlant de… “Kamel Hamadi”. “Et c’est resté comme ça, vous savez pour nous à l’époque, ce n’était pas du tout toléré de chanter. On se réfugiait instinctivement derrière des pseudos, au risque d’avoir la famille montée contre soi. C’était encore mal vu, mais lorsqu’on aime ça, on le fait…”. In La Dépêche de Kabylie par Amel C
  3. Artiste au destin tragique et romanesque, souvent comparée à Edith Piaf.
  4. Noura, de son vrai nom Fatma Zohra, née en 1942 à Cherchell en Algérie.


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