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Reggaetón

Reggaetón



L
e mot Reggaetón désigne un genre musical urbain (ce mot est composé des mots reggae et le mot espagnol maratón). Cette musique (épelée parfois reguetón en espagnol) naît au début des années 2000 et est chanté en espagnol. Il puise ses sources dans le Ragga tout en revêtant des influences hip-hop alliant des rythmes de musique d'Amérique Centrale et des Caraïbes. Cette musique latine anime et fait danser la jeunesse de l'Amérique Latine et des USA et plus timidement en Europe. La danse connue sous le nom de perreo, est indissociable de la musique. Un couple se trémousse frénétiquement. Sur fond d’une musique syncopée, hachée et très rythmée, on entend des phrases répétées à l’infini, du genre : « A ella le gusta la gasolina », ou encore «Papi chulo, papi chulo, papi, papi, papi, papi chulo». Dans le reggaeton, tout est simulation, euphémismes et allusions sexuelles plus ou moins subtiles ou osées. La danse, elle, du coup n’en est que plus technique et difficile.

Le reggaeton n’est pas reconnu par les rappeurs comme un dérivé de leur mouvement. Le peu de recherche linguistique, la rythmique répétitive, le machisme et les codes vestimentaires bling bling en font un mouvement issu d’une contre- culture.

Le reggaeton est n’est pas à prendre au premier degré, c’est une musique souvent caricaturale qui reste festive et qui s’accompagne d’une danse lascive, beaucoup plus complexe que de simples mouvements de bassin.

Racines du reggaetón

Il existe un débat assez passionné en Amérique latine sur l'origine du reggaetón. Certains défendent qu'il est de Puerto Rico alors que d'autres soutiennent qu'il est de Panamá.

Les premiers enregistrements de reggae en Amérique latine ont été réalisés au Panama au milieu des années 1970. Un grand nombre d'immigrés jamaïquains étaient arrivés pendant la construction du canal de Panama et ils ont apporté avec eux la musique reggae à la population locale.

En 1985, le rappeur Vico C du Porto Rico produit le premier disque de rap en langue espagnole.

En 1993 le reggaeton prend sa source dans le Dem Bow (du titre d'une chanson de Shabba Ranks, invention expérimentée sur des remix spanish-reggae par "El Chumbo" (Rodney S. Clark de son vrai nom), DJ et producteur désormais légendaire en Amérique du Sud. Le merenhouse a aussi influencé musicalement le reggaeton.

El Chumbo a produit un des premiers succès internationaux du Reggaeton : Papi Chulo (te traigo el mmm) par Lorna du Panama, tube de l'été 2003.

Dans les années 1990, les portoricains écoutaient du ragga importé, puis ils réinterprétaient les textes en espagnol sur des chansons produites sur les mêmes musiques. Puis ils ont créé leurs propres riddims, avec une plus grande influence du rap que n'a le ragga. DJ Playero est un des producteurs de cassettes underground les plus célèbres au début. Don Chezina, Plan B, Speedy, Yandel et déjà Daddy Yankee font partie des pionniers.

Caractéristiques sonores

Sur le plan de la production des sons et rythmes, on constate que l'accès à de nouveaux logiciels de musique ou de créations de rythmes toujours plus perfectionnés (samplers et séquenceurs) offrent des bonus techniques inédits aux producteurs et aux DJ de reggaeton, davantage encore que pour le rap et le Hip Hop. Ces derniers en profitent pour distiller de nouveaux sons et rythmes plus endiablés les uns que les autres sur les tempo des différentes richesses musicales des latino-américains. Une autre caractéristique du reggaetón sont les voix stridentes et parfois distordues qui ajoutent un écho gracile et doux, qui renforce un effet de puissance aux mots. Les différences les plus notables entre le Reggaeton et le Dancehall, à part l'inclusion de mélodies d'influences latines, est l'exclusion de la violence et de l'homophobie qui rend le Reggaeton plus acceptable en terme de valeur morale. le Reggaeton fait également une part plus importante aux artistes féminins que dans le dancehall (on trouve notamment Glori, La Hill, et Ivy Queen)

Thèmes des paroles

Les paroles, comme pour la plupart des musiques populaires de la classe ouvrière, sont souvent liées à la réalité de la rue, les malentendus, les situations injustes, l'amour,le sexe, la corruption politique et la passion, ainsi que le racisme dans les villes. Don Omar un des principaux représentants du Reggaeton raconte Tous ceux qui produisons du reggaeton venons de la rue. Personne parmi nous est né dans berceau d'or et la musique a surgi à partir de notre quotidien, sous les marquise d'une maison, avec les problèmes entre garçons de quartier qui avaient le besoin de raconter des choses qui leur arrivaient au milieu de tant des tracas et que personne n'osaient dire. Tito el Bambino échappe au langage cru de la rue et se penche vers des paroles sentimentales qui expriment parfois la souffrance avec son titre Duele.


Popularité

Le reggaeton s'est popularisé aux États-Unis en Floride, à New York, Boston, Chicago, et d'autres villes où la population de latinos est importante et où il y a de grandes scènes, des clubs...

Le reggaetón explose comme un virus alors que paradoxalement peu de gens supportaient il y a une décade le genre alors relativement marginal des rapeurs. Cette perception change aujourd'hui radicalement. Des chaînes de télévision et de radio programment en continu du reggaetón. Il n'est pas rare aujourd'hui de rencontrer dans les méga-concerts une certaine élite sociale de yuppies ou de quadragénaires. En 2004, N.O.R.E., Tego Calderón et Nina Sky ont remporté un grand succès avec « Oye mi canto », ainsi que Speedy et Lumidee : « Sientelo » et Daddy Yankee de Porto Rico avec « Gasolina ».

Des reggaetons chantés en français sont apparus en 2005 : Le Centre du Monde par Ze Pequeño et le duo Papa AP/Linda en espagnol et en français : Entre tu y yo (Entre toi et moi). Ce titre complètement dénaturé utilise un son et des paroles calibrées adapté pour un public français assez frileux et moins averti des nouvelles rythmes de reggaeton. En 2007, Les Déesses chantent 'Danse avec moi' sur une rythmique reggaeton.

Des artistes de genres différents ont également chanté du reggaeton, pour se profiler dans la nouvelle vague, comme Celia Cruz avec « La Negra tiene tumbao », Mey Vidal et El Medico avec « Better Than That », Shakira avec « La Tortura », Ricky Martin, avec « Drop it on me », duo avec Daddy Yankee, R. Kelly avec Wisin & Yandel pour « Burn it up ». Ce qui apparait évident est que ce style musical que le reggaeton n'est pas une simple nouveauté musicale, mais le langage de toute une manifestation culturelle qui se diffuse.


En 2005, les Billboard Latin Awards ont créé une nouvelle catégorie "Album reggaeton de l'année".
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Le Reggaetón cubain

L’origine du reggaeton cubain a été marquée par différents groupes à partir de 1999 à Cuba. Le style a été repris de l’Amérique latine, notamment de Porto Rico. Le premier groupe à avoir été connu avec ce nouveau style de musique s’appelait SBS. Il était très populaire auprès des adolescents cubains, puisqu’il présentait un style nouveau et particulier, du rap avec des influences portoricaines et un mélange de musique cubaine. Plus tard, d’autres groupes se sont formés et sont devenus célèbres dans le pays entier, comme Candiman, qui a réussi à être dans le Top 10 avec son style très original. La musique de Candiman avait une influence jamaïquaines, puisqu’il vit dans la région orientale de Cuba (Santiago de Cuba). Après 2000, divers groupes ont réussi, comme EL Medico, Tegno, Caribe, Pandalla X,  Eddy K .... Beaucoup d’entre eux sont connus dans le monde entier. Ces groupes mélangent le reggaeton avec de la musique de leurs racines cubaines et il en résulte le reggaeton typiquement cubain.

Les paroles du reggaeton d’Amérique latine sont marqués par des mots discriminatoires et méprisants, ce qui est également habituel dans le hip-hop. La plupart des groupes cubains n’adoptent pas cela. Dans leurs chansons, ils interprètent plutôt la joie de vivre cubaine, l’amour, la danse et la fête. C’est ce que leur public aime et ce qui rend l’ambiance festive dans les carnavals, les fêtes et les discothèques. Les groupes cubains font constamment de la nouvelle musique et continuent à travailler pour être encore plus populaires auprès de leurs fans du monde entier. Par ailleurs, de plus en plus de groupes de reggaeton se forment, d’une meilleure qualité, malgré toutes les difficultés et l’acceptation dans ce pays. La scène de cette musique défend le genre avec dévouement et passion, ce qui montre, eh oui, qu’il y a un bon reggaeton cubain.


Le Reggaetón en japoñol

Trois jeunes péruviens d'origine nippone se sont lancé dans ce genre musical au Japon avec un disque chanté en japoñol, une fusion idiomatique entre le japonais et l'espagnol pour garder l'identité latine nécessaire au rythme et aux paroles. Ce groupe s'appelle Los Kalibres et le premier titre déjà en vente à l'empire du soleil levant s'intitule Dekasegi qui signifie immigrant.

Le Reggaetón en arabe

Le musicien et chanteur Amir Ali sort un Remix du titre Mina qui s’est produit à Puerto Rico. Il fut le premier à présenter du Reggaeton au Maroc et à l'appeler Marocaeton. Fin juillet 2008, sur un morceau de Raï composé initialement en arabe, puis en français,  Cheb Najim sort une maquette qu'il qualifie de Raï-guetton...Cheb Nasro est un innovateur car il a été  le premier chanteur maghrébin à avoir oser métisser de manière concluante le raï algérien aux sample du reggaeton latino américain qui fait exploser les scènes du continent américain!

 

Le reggaetón comme mode de vie décalé dans la société

Certains antagonistes reprochent que le reggaetón tant diffusé dans les médias a un contenu explicitement sexuel, machiste, vulgaire, voire contraire aux bonne vies et mœurs, à quelques exceptions près. Le sexe devient commercial et que les maisons de production, El Perreo devient le style lascif le plus critiqué par les puritains de la morale, d'autres s'en prennent au jargon et ses expressions et le langage décalé, tels que par exemple "Zúmbale mambo pa’ que mi gata prendan los motores", "que se preparen que lo que viene pa’ que le den….duro!", , les artistes, en sont parfaitement conscients. (voir lexique). On apprend en avril 2006 par le journal vénézuelien Correo del Caroni que le gouvernement dominicain a interdit la diffusion à travers les stations émettrices de radio et de télévision de plusieurs titres de reggaeton de Voltio, Yaviah et Calle 13.

 

Le reggaetón comme mode de vie chrétien

Le rappeur Luis Joan est un exemple particulier. Il offre un reggaeton qui envoie des messages positifs et chrétiens qu'il adresse notamment à la jeunesse Porto Rico . L'album Me presento est le nom de cette production discographique de Luis Joan, qui se définit d'abord comme un interprète chrétien. Il y a aussi "Los Coritos Reggaeton" qui sont des artistes de reggaeton chrétien.


Le reggaeton comme thème de propagande électorale

Au Pérou, un clip de propagande électorale pour 2006 a été diffusé sur les chaînes de télévision locales : un spot animé montrant des personnages en forme d'étoiles avec le symbole de l'APRA, dansant sur une chanson au rythme du reggaeton" à la gloire du candidat du parti, l'ancien président du Pérou (1985-1990), Alan Garcia[1]. De plus, un Reggaeton a joué un rôle de campagne éléctorale afin d'inciter les hispano-américains à soutenir Barack Obama durant les présidentielles américaines de 2008.

 


Un code vestimentaires pour les reggaetoneros

Le reggaeton étant une subculture du rap, les reggaetoneros adoptent presque les mêmes goûts que les rappeurs en matière vestimentaires et au point de vue accessoires, il adoptent des vêtements sportifs de certains modèles derniers cris de Nike, Adidas, ou encore Tommy Hilfiger,...avec un certain attirail bling bling (des chaînes, piercing, gourmettes). Certains regaettoneros comme Tito el Bambino lancent leurs label de modes vestimentaire ...

Lexique alphabétique des mots et référents sémantiques du reggaetón 

  • A Fuego : Tout de suite
  • Aka : Référence à une marque d’armes de guerre, AK (Avtomat Kalashnikov) // Aka peut aussi signifier “Also Known As”, soit “Plus connu sous le nom de…”
  • Al Callao : Se dit pour que le public s’agite dans la foulée rythmique.
  • Babilla : Courage (dans le sens avoir des couilles)
  • Bananas : Verges
  • Bellaco/Bellaca: Personne qui désire une relation sexuelle.
  • Bicho : Partie génitale de l’homme
  • Boricua : désigne les portoricains en référence à l'ancien nom de l'ile, borinquen
  • Bling bling : Bijoux, chaînes, bracelets, montre et le faste brillant de l’attirail reggaetonero
  • Buduska : Une fille d’apparence obèse.
  • Bugarrón : Le mec (celui qui joue le rôle actif dans un couple homosexuel)
  • Caballote: un grand équidé en extension, un homme prêt à monter sa monture.
  • Cabecear : Acte sexuel oral.
  • Camón: Personne blasée de relations sexuelles à force de se consacrer à cette tâche.
  • Chocha : Vagin
  • Sicario ou Gatillero : assassin à la solde dans le milieu de la mafia
  • Cocolo : désigne un noir américain.
  • Corbeja : une fille de mœurs légères.
  • Corillo : désigne un groupe d’amis inséparables.
  • Cuero : une prostituée
  • El Perro: le sida
  • ¡Eso, perra! : ¡Eso, mami! C’est cela femme !
  • Feca : Mensonge, ou alors faux, qui serait tiré de l'anglais fake désignant en effet une personne menteuse ou hypocrite.
  • Flow : Vient de l'anglais flux, le flow désigne souvent l'ambiance générale.
  • Gasolina :
    • Premier sens : Boissons alcoolisées. Également en référence à une femme qui aime beaucoup sortir en soirée.
    • Deuxième sens : Argent, "thunes"
    • Troisième sens : Semence masculine (plus communément appelé sperme, ou foutrine.)
  • Gato(a) : Un mec ou une meuf.
  • Girlas (prononcer Guirlas) : Vient du spanglish des filles.
  • Guillao : quelqu'un qui se prend pour un autre.
  • Mai : synonyme de Mamita, petite maman, ou petite copine.
  • Masacote : Un grand pénis.
  • Melones / limones : des seins en fonction de leur taille
  • Pasto : Marijuana.
  • Perrear : danser le reggaetón.
  • Perreo: fait référence à la danse du reggaetón
  • Pichaera : Quand une personne vient parler à une autre, que cette dernière feint ignorer…
  • Precea : Jalouse.
  • Rankea'o(a) : être une personne respectueuse dans ce genre musical.
  • Sanduguero : Personne qui danse le reggaetón.
  • Sata : prostituée
  • Seguroski : Sûr, en sécurité.
  • Ir Sin Jockey : aller dans un lieu sans son chevalier servant.

Voir aussi

  • Reggaecrunk : genre musical associant reggaetón avec le son du crunk, genre hip-hop aux sonorités electro.

Liens internet

 

Auteur Mario Scolas

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