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Rap algérien

Rap algérien

Le rap algérien est un style musical apparenté au rap et à la culture hip-hop pratiqué en Algérie. Il semble se démarquer néanmoins du rap américain ou du rap français par sa localité, sa proximité de la jeunesse algérienne pour qui cette forme musicale devient un moyen d’expression par excellence ainsi que par la relative influence de l'environnement musical algérien qu'il subit. Entre 2001 et 2009, le rap algérien donne parfois l'impression de s'essouffler, pour revenir sporadiquement sur le devant de la scène avec la sortie de plusieurs nouveaux albums.

Origine et évolution musicale

En Algérie, le rap, n'est pas seulement un genre musical ; c'est un véritable mouvement juvénile, un phénomène de société qu'il faudrait traiter comme tel. La jeunesse algérienne connait les malaises et les affres du chômage avec en surplus des problème de corruption que connait la société algérienne dans un contexte d'une situation sociale et économique déplorable. Plusieurs groupes de rap sont apparus, mais le premier morceau officiel du rap algérien a été produit en 1985 titré Jaoula fellil de Hamidou qui n'avait pas inflitr un très large public. Ce titre d'influence très américaine, allait ouvrir la voie à plusieurs groupes qui naissent à Alger dès la fin des années 1980, dont Hamma et Intik, mais va être freiné par le manque de confiance des éditeurs, ainsi que la censure. Le véritable essor du rap algérien a lieu à la fin des années 1990, avec la diffusion à la radio algérienne et à l'ENTV de plusieurs titres de rap, ainsi que l'apparition de plusieurs artistes à Oran et à Annaba. Ce mouvement artistique est perçu comme une sorte de liberté retrouvée par les jeunes fans qu'on peut reconnaître à leurs codes vestimentaires, du genre baskets montantes, casquette à visière longue, lunettes noires, tee-shirt ou débardeur d'athlètes, jean large gommé ou bagguet, ne se gênant pas à esquisser en plein rue, quand ça leur chante, des mouvements de breakdance et de smurf aux chants de raggamuffin ou de rap...

Une première compilation de rap algérien est éditée en France sous le titre d'Algerap, qui fait que rapidement deux groupes vont s'exporter à l'étranger dès 1999, il s'agit de MBS et Intik, mais connaissent que peu de succès auprès d'un public qui ne comprend que très mal leur paroles (en arabe algérien). En Algérie, c'est un certain Lotfi Double Kanon (issu de la séparation du groupe Double Kanon) qui fait un tabac. En 2002, le groupe trouve une bonne réputation parmi les grands groupes de rap au maghreb tels que G.Smok Underground ou H-kayne. Autodidacte musical confirmé, il compose et interprète ses propres œuvres, arrange lui même ses textes s'inspirant du quotidien de son pays. Sa situation sociale de jeune issue d'une famille prolétaire lui permet d'adopter un style proche des vérités auprès de son public qui reconnaît en lui le messager d'une jeunesse en proie d'une identité et en quête d'un moyen d'expression libre. "Il ne parle que de ce qu'il voit " est le leitmotiv repris lors de toutes ces interviews. N'a t'on pas dit que: "le poète est le témoin de son temps".


Principaux rappeurs et groupes de rap en Algérie

Double Kanon,T.O.X., Hamma, Intik, Alerte, K2C, La Familla, Mamooth, MBS (Micro brise le silence), Naïli, Harage, Apoca, Talismen, Ntaground, Abrazax, Zed, Dj Must The Big Dance, Bam la Brigade Anti Massacre...

Third Rap Records, est le premier label discographique de hip-hop oranais.

  • MBS : un groupe originaire d'Alger, Ouled el Bahdja (sortie début 1998, chez SOS Pub en Algérie et chez Blue Silver en France distribué par Virgin) fut leur plus grand succès.
  • Lotfi et Double Kanon : Lotfi est né le 6 juillet 1974 à Annaba. Il réalisa des maquettes avec un matériel très archaïque pour se présenter à la radio locale et se faire connaître dans le milieu artistique. Son deuxième pas sera son passage sur les scènes annabies pour présenter au public ce nouveau style de musique algérien. Le résultat fut immédiat et beaucoup de jeunes s'identifièrent à Lotfi comme porteur d'un message puissant. Lors d'une prestation live de Lotfi sur la scène du théâtre de verdure à Annaba l'été 1997, les pouvoirs publics ont interrompu le spectacle mettant en cause les textes trop expressifs selon leurs propos. Cet acte a enflammé la foule qui se heurta au force de l'ordre et qui valut à Lotfi l'étiquette de chanteur rebelle. Avec son ami Waheb, Lotfi forma officiellement le groupe Double Kanon et enregistre un  premier album intitulé "Kamikaze".


Rap Kabyle

Le rap kabyle se distingue par l'originalité et la spécificité de son verbe, de sa verve et de son langage, qui puisent directement dans le vocabulaire de la rue. Ce sont des mélanges de dialogues hargneux et de poésie qui sont des tranches de vie urbaine, des fables contemporaines récitées sous la forme de chroniques journalistiques qui rendent compte, mieux que quiconque, d'une réalité sociale au goût amer.

«En fait, chanter le rap en kabyle, c'est rendre à la Kabylie ce qui lui a toujours appartenu : la chanson contestataire », nous dit Zineddine du groupe Sens Interdit. Pourtant, il y a seulement quelques années, le rap ne représentait, aux yeux de la plupart des mélomanes de Kabylie qu'un boucan insipide. La thématique du village avec ses champs, sa fontaine, ses femmes, ses amours, ses ruelles étroites, sa société, ses interdits, etc., détenait une place de prestige dans la chanson kabyle.

L'exode rural de ces dernières années se fait sentir même dans les sujets qu'abordent les jeunes chanteurs d'aujourd'hui en général et les tout nouveaux rappeurs kabyles en particulier. On constate qu'il y a plus de chanteurs (édités ou non) et de passionnés de rap dans les villes et bourgs qui se sont développées ces dernières années, tels que Sidi Aich, Ifri Ouzelaguen, El-Kseur, Akbou, Béni Yani, Larabaa Nat Irathen, Tazmalt... que dans les autres grandes villes de la région.

Ces centres urbains constituent un espace d'interface entre le rural et l'urbain. Les rappeurs qui sont le reflet de cette nouvelle donne sociologique abordent crûment et sans tabou aucun des sujets liés à l'amour, à la politique et au quotidien des jeunes des cités.

Historiquement, on peut situer la naissance du mouvement rap en Kabylie vers le début des années 90. Mais ce n'est qu'au début des années 2000 que ce mouvement y a pris de l'ampleur. Les événements qui ont endeuillé cette région du pays en 2001 ont donné une forme plus nette à ce genre de chanson engagée.

Par ailleurs, le développement des moyens de communication a permis l'expansion rapide de ce phénomène à travers la Kabylie , à l'instar de beaucoup de régions du pays. Les jeunes chanteurs qui, dans la plupart des cas, n'ont pas les moyens d'éditer, peuvent mettre en ligne leurs chansons sur Internet et être écoutés des internautes. Une façon de faire une auto-évaluation avant de sortir un disque sur le marché.

L'assassinat du chanteur engagé Matoub Lounès dans lequel se reconnaissent les acteurs du rap kabyle, apparaît comme un détonateur pour le rap qui est par essence engagé, rebelle et anticonformiste.

Beaucoup plus subversif, le rap a apporté des modifications fondamentales à la chanson kabyle contestataire. Comparativement à leurs aînés, les rappeurs engagés « appellent un chat un chat », pour reprendre l'expression de Karim MTM.

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Apoka - "Andha 20 Ans"


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