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El Hadj Mrizek

El Hadj Mrizek

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Hadj Mrizek (1912-1955), de son vrai nom Arezki Chaïeb est un musicien et chanteur algérien. Il fut un  grand maître de la chanson hawzi, il maîtrisa plusieurs instruments de musique, tels que la darbouka, le piano, le violon, le mandole. Doté d'une voix exceptionnelle, il exerce ses talents en donnant  à la musique une toute nouvelle sonorité.

Biographie et carrière musicale

Originaire d'Azzeffoun, il est né en 1912 à La Casbah d'Alger au quartier de Bir Djebbah. Contrairement à beaucoup de jeune de son époque, il a eu la chance de fréquenter l'école jusqu'au certificat d'études qu'il a obtenu comme tous les jeunes de son entourage, il adorait le football. et fut l'un des plus fidèles supporters du MCA, dont le local était au Nadi Tarqi, local partagé aussi par l'association El Mossilia[2].

Très jeune, Arezki s'intéressa par conséquent à la musique. Son demi-frère Mohamed K'hioudji, lui enseigne des chansons qu'il interprétait volontier entre amis. Il était très apprécié par son public et particulièrement dans le M'Zab où il animait beaucoup de soirées.

En 1928, Mrizek adhère à la société andalouse au sein de laquelle il évolue aux côtés de Cheikh Ahmed Chitane. 

A partir de 1929, il anima la plupart des fête familiales de la Casbah. Ses interprétations du hawzi étaient très appréciées à Blida et Cherchell. Il a enregistré ses premiers disques à Paris chez Gramophone (78 T) en 1938, entre autres: Ya taha el amine, Yal qadi, EI bla fi el-kholta.

Il effectue son pèlerinage en 1937, une année après Mohamed El Anka et El Hadj Menouar.

A la fin de la Seconde Guerre mondiale, il quitte la vieille maison familiale de la Casbah pour le nouveau quartier européen du Boulevard Pitolet à Bologhine.

En 195l, il se produit à la salle lbn Khaldoun avec Lili Boniche. Il était un dandy, comme on disait à cette époque, gentleman et distingué.[3]

Le 20 mai 1952, Mrizek participe à un grand gala organisé, au profit de la famille du Cheikh Khelifa Belkacem décédé, le 4 novembre 1951. Au cours de la même année il enregistre chez Pacifique son grand succès: El Mouloudia (78 T); Les paroles de ses chanson lui étaient écrites par Cheikh Noureddine ainsi que Arassi noussik du poète Dris El-Alami et Qahoua ou lateye (Le café et le thé) où la rivalité thé/café a donné lieu à de fameuses poésies  écrite par le poète Thami El Medeghri.

Il meurt le 12 février 1955 à Alger, à la fleur de l'âge des suites d'une longue et pénible maladie.

Le café et le thé Qahoua ou lateye

Le thé et le café se querellent la première place
Las, s'en vont se plaindre devant un juge sage,
Respectable pour sa loyauté qui demande d'exposer :
Qui de nous deux est aimé, préféré et meilleur ?
Se plaignent amèrement irrités les deux liqueurs,
Moi, le thé, boisson douce couleur d'or, j'apporte plaisir
Aux distingués, aux riches et nobles de toutes les contrées.
Avec mon arôme fort et enivrant, je rends la santé
Où l'absinthe, la menthe verte et le gingembre fusionnent ;
Siroté par les nobles au milieu des jardins de fleurs et d'orangers,
Sous les jasmins à l'ombre des terrasses des palais.
Toi Café, couleur noire tu représentes le charbon
Tu n'es qu'une eau colorée sans valeur,
Châtié sous les feux du torréfacteur !
Assez, bondit le café horrifié ! Moi je suis le compagnon.
   
Le café et le thé, oh homme sensé, se présentèrent, un matin devant le juge.
 « Juge respectable, lui dirent-ils, nous te considérons comme arbitre équitable, car tu es incorruptible : tu ne te laisses acheter ni ne fais rien à la légère. Grâce au Seigneur, tu jugeras avec succès (ce différend), Dieu t'a confié une partie de ses pouvoirs. ». 

Refrain
Le juge répondit : « Je vous écoute, trêve de bavardage. Si vous avez quelque chose à dire, parlez sans inquiétude; celui qui a raison l'emportera, et, bien entendu, le perdant acceptera le verdict. »

Le thé s'adressa au juge : « Aujourd'hui, il est permis de me boire; je n'ai rien de commun avec le vin; je suis la boisson des hommes honorables; je contiens une vertu contre toutes les maladies que je rencontre à l'intérieur du corps. Je dissipe douleur et tristesse. »

Notes et références de l'article

  1. ↑ au 4, Rue de Thébes à la Casbah
  2. ↑ C’est n'est que plus tard, le 15 octobre 1951 que l'association deviendra « El Djazaïria – El Mossilia » à la suite de la fusion, intervenue le pour une simple question de local.