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Vendredi 25 janvier 2008 5 25 /01 /Jan /2008 20:23

Lotfi Bouchnak (لطفي بوشناق), également orthographié Lotfi Bouchnaq, (né en 1952 à Tunis - ) est un chanteur, oudiste confirmé et compositeur tunisien issu de La Rachidia. Il est également ambassadeur de la paix auprès de l'ONU depuis le 12 juillet 2004 et ambassadeur honorifique du Festival de la chanson orientale à Sarajevo depuis mars 2004. Il a contribué à redonner les lettres de noblesse à la musique, à une époque où la scène musicale arabe souffrait de légèreté. 

Il se produit régulièrement et à guichets fermés  à l'Opéra du Caire depuis 1992. Cet artiste doté de capacités vocales exceptionnelles a développé un style d'interprétations bien particulier avec une très grande présence sur scène. Bouchnak chante avec raffinement le malouf tunisien néo-traditionnel tunisien. Il récupère des éléments mélodico-rythmiques constitutifs et caractéristiques du patrimoine musical de son pays en mettant en place des mélodies nouvelles qui traduisent nettement une spécificité. Lotfi Bouchnak fait l'unanimité dans les contrées arabes mélomanes les plus difficiles comme l'Égypte. Il se produit régulièrement et à guichets fermés, à l'Opéra du Caire depuis 1992. Il est un des ténors les plus adulés au Maghreb, au Moyen-Orient et dans la région du Golfe. Son timbre de voix a ému également l'Europe, l'Asie et les États-Unis. Lotfi Bouchnak a remporté à Washington le titre du meilleur chanteur arabe 1997.

Ambassadeur de la chanson tunisienne par excellence, Lotfi Bouchnak n’arrête pas depuis des années de parcourir les scènes les plus prestigieuses dans le monde entier. Il fait le bonheur des mélomanes qui apprécient la puissance de sa voix et la qualité de sa musique. Autodidacte, il produit ses propres chansons tout seul et se reproduit partout dans le monde car son plus grand soucis est de rester gravé dans les mémoires et c’est ça qui fait sa différence.

 


Biographie et évolution musicale

Malgré qu'il ne fut pas élevé dans un milieu hostile à la musique : «L'ambiance à la maison n'était pas favorable à l'épanouissement de mon âme de musicien; mais quand on naît artiste, on ne peut pas se résoudre à s'exprimer autrement», a-t-il un jour déclaré. Il s'intéresse à la musique dès son jeune âge et c'est un grand admirateur de la diva égyptienne Oum Kalthoum.

Il a débuté sa carrière en autodidacte dans les années 70 en Tunisie.  Il a fait partie de la "Jeunesse musicale tunisienne", une troupe d'amateurs dans laquelle il a pu pratiquer le chant. Il  améliorera la technique plus tard avec le grand maître Ali Sriti qui pendant plus d'un demi-siècle futle témoin du mouvement de renaissance musicale en Tunisie et plus tard avec Mohammed Azouze.

Artiste entier, passionné, interprète audacieux du malouf tunisien, joueur d'oud inspiré, il se consacre principalement à l'exécution du répertoire classique arabe de tradition savante.

En 1979, il a 27 ans quand Ahmed Sidki lui compose la chanson qui doit le consacrer comme artiste. Il enchaîne par la suite avec des artistes connus comme le prestigieux chanteur et compositeur égyptien Sayed Mekawi, l'irakien Fathallah Ahmed et Anouar Brahem. Il commence sa carrière de compositeur vers le milieu des années 80 et sa popularité grandit dans le monde arabe. La qualité et la puissance de sa voix et la force de ses improvisations font l'unanimité, ce qui lui vaut le titre d'ambassadeur de la musique arabe. Il se produit régulièrement à l'opéra du Caire depuis 1992.

En 2006, il clôt le Festival international de Carthage et sa prestation est selon La Presse de Tunisie, « un concert qu'on n'est pas prêt d'oublier. ». Il s'est produit le 12 août de la même année au Théâtre Royal de Marrakech, dans le cadre d'une grande soirée musicale organisée en signe de solidarité avec les peuples palestinien et libanais, victimes des atrocités et de multiples opérations musclées de l'armée israélienne.

Il reçoit plusieurs prix dont le titre de meilleur chanteur arabe en 1997 à Washington. Au début des années 1990, une collaboration ponctuelle avec l'Ensemble Al-Kindî considéré comme l'une des meilleures formation de musique savante arabe profanes ou sacrées contribue à le faire connaître du public européen.

En juillet 2007, Lotfi Bouchnak est primé au Maroc dans le cadre du Festival des arts populaires, et reçoit le Rabab d’or, prix récompensant l’ensemble de sa carrière s’ajoute à la liste des prix internationaux qu’il a déjà gagnés, comme celui de l'Opéra du Caire ou encore de l'Institut du Monde Arabe à Paris. La cérémonie a été suivie d’un concert de 3 heures où le public s’est laissé envoûter par le malouf raffiné du ténor.

Sa voix puissante et satinée redonne ses lettres de noblesse à son art qui puise ses origines dans les traditions andalouses et ottomanes aussi bien en Tunisie que dans tout le monde arabe comme en témoignent d'ailleurs ses grands concerts qui attirent les mélomanes les plus exigeants. Il a développé un style d'interprétation bien particulier et possède une très grande présence sur scène.

Bouchnak, qui parcourt le monde en véritable ambassadeur de la musique tunisienneet arabe, s’est déjà produit sur les plus grandes scènes arabes et internationales a même joué au Japon et en Corée.  Il écrit une chanson pour Cheb Khaled et des titres pour le groupe de rap marseillais IAM. Afin de veiller à la bonne exécution de ses arrangements musicaux, il a même mis en place son propre studio d'enregistrement: Midophone.

Mardi 31 août 2010, Lotfi Bouchnak est monté sur la scène du Théâtre Municipal de la Ville de Tunis, dans laquelle, il a fait découvrir au public quatre nouvelles chansons en l’occurrence "Lemtach N’hebek", "Sondouk Ajab" (bande originale du film de Ridha Béhi qui porte le même nom), "Habitek" et "Wa Khadaâni Azzamen" (paroles de Adem Fathi).

 



  • « L'art c'est l'élixir de la vie, et mon art à moi c'est la musique», affirme-t-il avant d'ajouter: «je n'ai jamais pensé vivre de mon art, parce que tout simplement, je vis pour chanter , mais je ne chante pas pour vivre ! »
  • Selon lui, le vrai artiste devrait, obligatoirement, avoir une position, Sinon il ne mérite pas le mot artiste. L'art est un engagement dans tous les sens si non on ne peut mériter d'être appelé artiste. Je dis toujours que « l’artiste est parmi les plus proches de Dieu ». Comment ? Par son honnêteté, son engagement, son travail, son sérieux, ses sentiments et sa créativité. L’artiste qui doit créer et donner sa création aux autres doit vivre dans un degré de pureté spirituelle élevé pour pouvoir toucher les gens et rester gravé dans leur mémoire.
  • Selon lui, comment peut-on faire évoluer la chanson tunisienne ?
    • C’est un sujet ambigu. Pour moi, nous devons nous accommoder avec la situation actuelle. La situation peut être meilleure mais ce n’est pas à moi de donner des solutions… toutefois, je pense que l’Etat fait le nécessaire au niveau de la subvention et l’encouragement mais l’artiste, de son côté, doit bouger un peu et défendre son rêve, sa mission et même son statut. « Je vis pour les gens, ce que j’ai sur le cœur est sur ma bouche, et ce que j’ai en moi est pour les autres.. ». Je pense que les artistes doivent fournir beaucoup plus d’effort. Ils ne doivent pas attendre la subvention pour produire leurs propres chansons.
Lotfi Bouchnak à Carthage


el'ain elli ma tchoufekchi

Il faut une grande stratégie mais aussi une grande partie de sincérité et d’honnêteté. Je fourni un effort colossal pour transmettre la chanson, l’image et le message. Mais surtout, je tâche de rester honnête avec moi-même, mon public et mon art parce que c’est ça qui compte finalement. Je pense que celui qui n’est pas sincère avec son public, fini par être rejeté et écarté de la scène tôt ou tard.


Pour ceux qui ne comprennent pas le dialecte tunisois, cette chanson dont le titre  est el'ain elli ma tchoufekchi  signifie littéralement "l'oeil qui ne te voit pas" est un des plus grands succès de Lofti Bouchnak. Il renoue avec les airs andalous somptueux qui associés à la voix superbe de Lotfi confère à cette chanson charme et délicatesse.

Je vous traduis le premier couplet : « O rose de ma vie, belle brune, tu as parfumé mes nuits, c'est comme si j'avais enlacé la lune, c'est comme si mes yeux avaient capturé le soleil ! Mon âge de ta main je l'ai arrosé, je l'ai vu grandir en même temps que toi et moi ! »

J'enchaine sur le dernier couplet...sublime: « Quand je t'ai aimée, belle dame, l'arbre de ma vie s'est revigoré, si je ne craignais pas Dieu, je dirais que ton amour ressuscite les morts ! »

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Répertoire

Par sa richesse et sa variété, Bouchnak a créé un répertoire unique en son genre dans la musique arabe, ce qui lui permet d'affirmer « qu'il ne cherche plus à trouver une place dans le monde artistique mais à laisser une empreinte dans l'histoire »[5]. En effet, dans une complicité avec ses deux compagnons de route de longue date, le parolier de la majorité de ses chansons (Adem Fethi) et son arrangeur et ingénieur de son (Mohsen Matri), Bouchnak a interprété et composé tous les genres musicaux — malouf tunisien, andalou, égyptien, khaliji dont Leïla composée par le cheïkh Mohammad ben Rached Al-Maktoum[6],[7], symphonique, etc. — et une grande variété de thèmes :

  • chants soufis, dont ceux interprétés en duo avec Abida Parveen, chants liturgiques avec sa participation au spectable Hadhra de Fadhel Jaziri, et invocations dont Asma Allah alhosna qui faisait partie des Ibtihalat ;
  • chansonnettes : Ritek Ma Naâref Ouine sur le thème musical composé par Anouar Brahem du film Halfaouine, l'enfant des terrasses de Férid Boughedir ;
  • duos : El àin elli matchoufekchi avec Micheline Khalifa ;
  • enfantines : May may ;
  • engagées : Sarajevo, Diana, Hadhi ghnaya lihom, Aallemni, Ana Habbit, Law Kan beedi ;
  • environnementales : Jannetna el khadhra, Khalli el bahr yîich, Al ardh ardhena ;
  • maternelles : Louine trouh, Sofia ;
  • musiques de films : Parole d'hommes de Moez Kamoun, Sois mon amie de Naceur Ktari, Boîte magique de Ridha Béhi (où il participe également comme acteur) ;
  • patriotiques : Touness ana wel hobb, Maâane mine ajli Touness, Ehna eljoud ;
  • romantiques : Nassayaa, Ya mezyana ouard Ariana, Tdhellelt Bine Idih, Inti chamsi.

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Voir aussi

Par Mario Scolas - Publié dans : Musiques tunisiennes - Communauté : musiques en Tunisie
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