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Cheikha Rimitti, porte parole des femmes du Maghreb !

Cheikha Rimitti, porte parole des femmes du Maghreb !

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Cheikha Rimitti الشيخة الرميتي (née Saidia Rimitti le 8 mai 1923 à Tessala, près de Sidi-Bel-Abbès en Algérie - décédée 15 mai 2006 à Paris) fut une chanteuse considérée comme la mère spirituelle du style raï tout style et génération et sexes confondus. Toujours copiée par les jeunes génération comme Khaled, Zahaounia, sans son autorisation, Cheikha Rémitti demeure cependant jamais inégalée !

Arborant diadèmes de perles et mains teintées au henné, elle  reste la chanteuse la plus prolifique et la plus créatrice du genre avec plus de 400 cassettes produites, 300 disques 45 tours, et 25 albums produits depuis 1954. Porte-parole des femmes du Maghreb, considérée par nombre de musiciens comme la mère du raï, elle a chanté l'amour, l'amitié le deuil, la guerre, l'alcoolisme, l'émigration, la révolte...et évoqué dans ses textes les thèmes des souffrances de son peuple. Etudiée dans tous les coins du monde ses anciennes chansons sont revisitées par les « raïmens » actuels et ses succès sont remixés par d'innombrables DJ sans réels talents.


Biographie

D'origine modeste et paysanne, Saidia vécut dans la culture du chant rural. Orpheline trop tôt, élevée et exploitée par des "patrons" qu'elle a quittés à l'adolescence pour suivre une troupe de musiciens bédouins, la jeune Saidia connait la misère avant de se lancer dans les années 40 dans la chanson, à Relizane, Oran et ensuite Alger.

Cheikha Rimitti a posé les premiers jalons thématiques du raï n’a pas eu l’itinéraire d’un enfant gâté. Ce n’est que bien plus tard qu’elle intègre une troupe de musiciens avant de s’imposer comme la mamie la plus inspirée du raï.

 


Je suis analphabète, j'ai grandi orpheline. Mes parents sont morts peu avant la guerre, avant que les Américains ne viennent. On buvait le café avec du sirop, on grillait le grain du blé pour remplacer le café pendant la guerre. On s'habillait avec des couvertures. C'était l'époque des bons d'approvisionnement. Le louis d'or coûtait dix francs, on tapait aux portes pour vous en proposer. Quand la sirène sonnait, on fuyait dans les vignes, dans les trous. J'étais jeune, orpheline et sans foyer. J'étais perdue. Je dormais chez des gens qui m'employaient à l'occasion ; chez un capitaine, un Français, une Française, j'aidais au ménage, contre un peu de sous, des habits, en endroit où dormir. J'allais par-ci, par là. Quand il n'y avait plus de surveillance, on s'enfuyait. Je rencontrais des cortèges de mariage, j'entrais avec eux, je mangeais, buvais et m'amusais. Je devenais un peu folle, je voulais chanter. J'étais protégée ainsi. Je suivais le hamdaoua aïssaoua. Je jouais avec eux du bendir, pour les fêtes religieuses, les mariages. Ils me donnaient un peu d'argent.

A Oran, elle est associée à la naissance du raï, musique d'origine bédouine, utilisée par les femmes. Après l'indépendance, ses chansons lui valent d'être censurée par le régime du FLN. Rimitti provoqua à la fois en effet le FLN censeur et l'islam strict. Chantant l'amour, la femme, les excès de alcool, les corps emmêlés… et présidant à des fêtes arrosées à la bière, elle a très vite été boudée par l'Algérie officielle.

Dès la fin des années 40, sa lancinante voix androgyne est remarquée lors des fêtes du marabout Sidi Abed prolongées par des concerts.

Cheikha enregistre en 1952 "Cheikha Remettez Reliziana" qui est le titre de son premier album et qui inclue "Er-Raï Er-Raï".

Elle gagne son surnom au début des années 50 dans les bars où elle ordonnait au patron d'offrir la tournée aux clients : "Remettez, remettez ! remettez moi une tournée !   "rimitti", avec l'accent du pays.

Elle s'attire une réputation sulfureuse dès son premier succès, en 1954, avec "Charrak gatta", évocation à peine voilée du dépucelage dans lequel certains voient une attaque contre le tabou de la virginité[1].

Sur le plan de la diffusion, Rimitti, se fait connaître grâce à une émission de dédicaces présentée par Mériem Abed sur Radio-Paris captée en Algérie. Les fan de Rimitti, notamment dans les milieux ruraux, attendent avec impatience les vendredis soir, le magnétophone prêt pour l'enregistrement.

 

Saidia s'établit à Paris en 1979, où elle anime les soirées dans des cafés communautaires. Bien que mise à l'écart par les siens, elle devient peu à peu l'ambassadrice internationale du raï et atteint même un nouveau public à la fin des années 90.

Cheikha Rimitti fut récompensée par le Grand Prix du Disque 2000 de l'Académie Charles Cros.

Après « Nouar en 2002, à plus de quatre-vingt ans et sa voix aux étonnants accents mâles toujours aussi puissante, elle revient avec son dernier 'album en 2005 intitulé N'Ta Goudami (littéralement, "toi, face à moi") sorti chez Because Music, associant les bases traditionnelles du raï à des sonorités plus modernes qui fusionne des harmonies arabo-andalouses de la musique châabi, des paroles crues et improvisées de cette sorte de blues algérien et les rythmiques complexes et envoûtantes des gnawa africains du désert du Sud-Maghreb.

Cheikha Rimitti s'est éteinte d'un arrêt cardiaque à son domicile, à 83 ans le 15 mai 2006, deux jours après son concert au Zénith (Paris) où la diva chantait avec les "chebs", notamment Khaled. Elle venait d'enregistrer Nrohou nzorou avec le jeune Cheb Najim qui a été programmé dans plusieurs festivals l'été suivant. Ses 4 enfants vivent en Algérie.

Albums

  • Sidi Mansour (1994)
  • Ghir al Baroud (1996)
  • Cheika (1996)
  • Trab Music (2000)
  • Nouar (2000)
  • L'etoile du Rai (2001)
  • Live European Tour 2000 (2001)
  • Salam Maghreb (2001)
  • N'ta Goudami (2006)

 

Voir aussi

Liens internet