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Dimanche 13 janvier 2008 7 13 /01 /Jan /2008 23:16

Contrairement au Maroc, en Algérie, la Communauté berbère est montée au crénaux pour faire admettre ses différences linguistiques et culturelles. L'Algérie française a duré 130 ans, l'arabo islamique dure depuis treize siècles ! L'aliénation la plus profonde , ce n'est pas plus de se croire français, mais de se croire arabe. Il y a une langue sacrée, la langue du Coran, que les dirigeant utilisent, écrivait avant sa mort, Kateb Yacine dans la préface de l'Anthologie consacrées aux chanson d'Aït Menguelet écrites en berbère.

Il n’existe pas, en Algérie, de «culture berbère pure», pas plus qu’il n’existe d’arabe. La culture berbère est la synthèse d’apports divers, locaux et étrangers (méditerranéens, arabes et sahariens). L’idée selon laquelle il existe une «culture berbère pure» n’est en est pas moins relativement répandue parmi les chercheurs et les militants associatifs puristes, dont certains nourrissent le rêve de voir renaître l’«ancienne Berbérie», dans laquelle l’élément amazigh prendrait le dessus sur les autres éléments et les assimilerait.[1]

La musique kabyle est une musique berbère traditionnelle issue de la tradition orale qui dérive en partie de l'achewiq, poésie féminine de Kabylie. Cette musique riche d'une grande variété de styles présente des artistes trop souvent méconnus représentant une tradition plurielle et divergente. Il n'est pas rare aussi qu'un artiste développe un style propre pour exprimer son attachement profond à sa culture, à sa patrie.

La musique traditionnelle kabyle a depuis longtemps été jouée par des groupes de musiciens appelés iddebalen (tebalines en français) qui se partagent le jeu sur deux ghaïtas (hautbois), un ou deux tambours tbel en peau de chèvre et éventuellement un bendir. Ces ensembles jouent le plus souvent pour les fêtes religieuses, les festivals, les mariages et les circoncisions… Ils sont souvent accompagnés des "youyou" lancés par les femmes qui dansent en faisant trembler les hanches.

La culture amazighe algérienne est longtemps restée essentiellement orale, portée par les contes, les proverbes et quelques genres poétiques strictement oraux. Une des conséquences de l’émergence de la revendication amazighe dans les années 80 est de lui avoir fait franchir l’obstacle de l’écrit[2].

La chanson kabyle moderne puise sa force dans les mélodie, mais aussi dans les rythmiques qui penche vers l'Afrique. Chez les Kabyles, la chanson s’est beaucoup développée, s’inspirant notamment du chaabi et se fondant sur une importante tradition poétique. Beaucoup de chanteurs kabyles ont engagé leurs chants dans la défense de leur peuple et de leur pays; ils sont devenus chantres de l’exil; ils ont prolongé les anciennes traditions d’izlan, chants d’amour ancestraux. Hommes et femmes ont pris chant et musique, n’hésitant pas à les moderniser, pour exprimer haut et fort l’âme d’un peuple, dans un mouvement de chanson kabyle qui s’est imposé avec autant de force que le raï algérien, sans jamais renier un immense sens de la poésie et de la métaphore. On peut aussi remarquer des évolutions semblables dans la chanson touareg actuelle où la guitare remplace volontiers le loutar, comme elle le fait également au Sahara occidental, pour servir des textes actualisés.[3] 

La musique traditionnelle kabyle a surtout été révélée en Europe par la personnalité singulière de Marguerite Taos Amrouche (1913- 1976) et ses chants "ancestraux" pour soliste. Toutefois, c'est la naissance de la chanson kabyle contemporaine, et en particulier la chanson d'exil, qui en demeure le point fort. La chanson kabyle a proclamé son existence à un niveau international grâce à la fameuse berceuse A vava inouva d'Idir. S'y ajoutent les chansons contestataires d'Aït Menguellet et de Matoub Lounès.

Les interprètes les plus connus : Slimane Azem, Cherif Kheddam, Cheikh El Hasnaoui, Nouara, Cherifa, Matoub Lounès, Lounis Aït Menguellet, Idir, Rabah Asma, Brahim Izri, Takfarinas, Cheikh Sidi Bemol, Djamel Allam, Massa Bouchafa, Allaoua Zarouki, Farid Gaya, Hanifa, Sami Djazaïri, Akli Yahyaten, Bahya Farah, Taos Amrouche, Sadaoui Salah,  Brahim Tayeb, Hacène Ahrès, Djurdjura, Mourad Guerbas, Oul Lahlou, Amour AbdenourD'autres musiciens essayent de se frayer un chemin à travers le respect de la tradition des anciens, Fatah Benlala...

 

Dans les années 2000, plus de 500 chanteurs kabyles ont été recencés.

En France, il existe l'Inalco et de nombreux IUT qui enseignent la culture musicale kabyle et organisent les débats ou des expositions pour faire connaitre la culture Amazigh et Kabyle. Même l'Institut du Monde Arabe le fait mais englobent la culture kabyle dans la culture arabo musulmane. En  avril 2007, un festival de la Musique Kabyle est organisé au Cabaret Sauvage à Paris.

 

http://img.over-blog.com/567x319/1/50/59/42/chanteurs/chanteur-2/image003.jpg 

Djurdjura


Notes et références de l'article

  1. La survie miraculeuse de la culture berbère en Algérie, par Yassin Temlali
  2. La survie miraculeuse de la culture berbère en Algérie, par Yassin Temlali
  3. Musiques berbères du Maghreb et de Libye, in La Médiathèque


Voir aussi

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Bibliographie

 

  • Chants kabyles de la guerre d’indépendance, Mehenna Mahfoufi, Éditions Séguier, 2002.
  • Beurs’ Melodies, cent ans de chansons immigrées du blues berbère au rap beur, Bouzianee Daoudi et Hadj Miliani, Éditions Séguier, 2003.

  • Les grands maîtres algériens du cha’bi et du hawzi, diwan arabe-kabyle, textes transcrits, traduits et annotés sous la direction de Rachid Aous, Éditions El Ouns/Unesco, Paris, 1996.

  • Azem, Slimane, 1984 Izlan. Numidie Music. Paris. Préface Mohia. Conception Mehenna Mahfoufi.
  • Benbrahim, Malha et Mecheri-Saada, Nadia, 1984 Chants nationalistes algériens d’expression kabyle. In: Libyca T. XXVIII-XXIX, 1980-81: 213-236. Alger, C.R.A.P.E. 
  • Boulifa, Si Amar n Saïd (dit), 1904 Recueil de poésies kabyles (texte zouaoua). Alger, A. Jourdan.
  • Djafri, Yahya, 1984 La chanson miroir de l'immigration. In: Les Nord--Africains en France . Paris.
  • Ferhat, Mehenni, 1983 La chanson kabyle depuis dix ans. Dans: Tafsut, 1: 65-71, série spéciale: "études et débats". Tizi-Ouzou.
  • Froment, Pierre, 1986 Chérif Kheddam, une grande figure de la chanson algérienne. In: Etudes et documents berbères, 1: 78-85. Paris , La Boite à documents.
  • Hachlef, Ahmed et Mohamed El-Habib, 1993 Anthologie de la musique arabe (1906-1960) . Paris, Centre Culturel Algérien/ Publisud. 
  • Khouas, Arezki, 1988, Pression à l'uniformisation et stratégies individuelles et collectives de différenciation sociale. Le cas de la chanson kabyle contemporaine. Thèse de 3ème cycle. Université de Paris VII "Jussieu"/ Laboratoire de psychologie sociale- CNRS.
  • Mahfoufi, Mehenna, 1986 Les musiciens migrateurs. Dans: France, musique d'ailleurs. PP. 14-17.
  • Paris, Les guides du CANANT, 1994 Le chant kabyle. In: Documents berbères . Paris. La Boite à documents. 
  • Mokhtari, Rachid, 1991 Les chants d'exil de Cheikh El Hasnaoui. In: Tin Hinan, 1:20-23. Tizi-Ouzou. Tin Hinan.
  • Nacib, Youcef, 1993 Anthologie de la poésie kabyle. Ed. Andalouses. Alger.
  • Ouary, Malek, 1974 Poèmes et chants de Kabylie. Paris. Libr. de Saint-Germain des Près. (Poésie)
  • S., Djamila et B. Louisa, 1991 Lounis Aït Manguellat: le retour. In: Tin Hinan 1:3-9. Tizi-Ouzou. Tin Hinan.
  • Yacine, Tassadit, 1990 Aït Manguellat chante ...Bouchène/ Awal. Alger. (Poésie).
  • Zeghidour, Slimane, 1994 Les Kabyles. In: GEO, n° 185, juillet: 46-52. Paris.
  • Zoulef, Boudjema, 1981 L'identité culturelle au Maghreb à travers un corpus de chants contemporains. Dans: Annuaire d'Afrique du Nord (A.A.A.) XX: 1022-1051, Paris, édition du CNRS. (Chants kabyles)
Par Mario Scolas - Publié dans : Musique algérienne d’expression kabyle - Communauté : Musiques berbères
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