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Dahmane El Harrachi

Dahmane El Harrachi

 


Portrait de Dahmane El Harrachi par Mustapha Boutadjine, graphisme-collage, Paris 2002. 

 

Abderrahmane Amrani  - mieux connu sous son nom de scène Dahmane El Harrachi (دحمان الحراشي)-, (né le 7 juillet 1925, à El-Biar - décédé le 31 août 1980) est un musicien, chanteur, parolier et compositeur algérien de musique chaâbi. Il obtint un succès mondial à travers le célèbre Ya Rayah (le Voyageur), une chanson qui a notamment été reprise par une multitudes d'artistes dont le chanteur Rachid Taha.

Le parcours artistique du chanteur est empruntée de sa propre expérience de la vie en traduisant dans ses chansons toutes les déclinaisons de l'Immigritude. Ya Rayah a fait le tour du monde et a été traduite en plusieurs langues tout en gardant la même mélodie.

Dans son oeuvre qui compte environ 500 chansons, il a su résumer le cours de la destinée de toute une génération en exil. en touchant à tous les thèmes qui touchent à la société algérienne. Il a chanté l'amour, l'amitié, l'espoir, les rapports humains, la famille, et toutes les vicissitudes de la vie humaine.

Avec El Harrachi, c'est la mélodie qui prime avec néanmoins une légère coloration occidentale. L'exemple de la chanson ya rayah est très édifiant à ce propos, bien que composée dans le mode musical Sahli , il a su lui donner un cachet universel. 

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Les rêves inachevés d'un homme jaloux de sa liberté

Biographie

Né dans le quartier de La Fontaine Fraîche situé en banlieue algéroise, d'origine chaouiedu village de Djellal par son père qui était le muezzin de la Grande Mosquée d'Alger, le chaâbi de Dahmane est puisé du vécu de la société à l’image du poète Kaddour El Alami qui avait fondé la zaouia soufi Alamiyyin à Meknès qui est devenue la zaouia du Melhoun la plus répandue. Les chansons les plus connues sont: "El Farradjia" (connu aussi sous le nom de "Ya Krim") et la connue en Algérie sous le nom "El meknassiaappelée au Maroc, "dar sidi Qadour", un chef d'œuvre impérissable du melhoun.

Déjà enfant, il se plaisait à jouer avec virtuosité au banjo. Son doigté musical suscita l'admiration de ses aînés.

Adolescent, il exerce divers métiers dont la cordonnerie et pendant sept ans, celui de receveur de tramway. C'est au cours de cette période qu'il entame ses débuts musicaux, intégrant une troupe d'amateurs qui tourne dans toute l'Algérie. Il a donné au banjo et au mandole une harmonie, un phrasé, des accentuations propres à lui et qui le distinguent des autres.

Sa voix rocailleuse est chantée avec justesse se prête très bien à son répertoire brossant les thèmes de la nostalgie du pays dans la diaspora, les souffrances de l’exil, l’amour de la patrie et la passion pour sa ville natale.

Dahmane El Harrachi émigre en 1949 en France qui lui inspire un grand nombre de ses chansons nostalgiques de son répertoire comme Bahdja beidha mat’houl (ce qui signifie en Français : Bahdjja la blanche qui ne se fâne jamais). 

Il a enregistré son premier 45 tours, intitulé - Bahdja Beida ma t'houl - en 1956 chez Pathé Marconi et la sortie de sa chanson Kifache nensa bilad el khir (comment pourrai-je oublier le pays de l'abondance) a coincidé avec l'élaboration de la plate-forme de la Soummam. A cette époque cruciale de la colonisation, il n'était pas aisé de composer une oeuvre de cette envergure.

Dahmane el Harrachi s'est très vite forgé son propre style et du coup, modernisé le chaâbi algérois. Sa voix rocailleuse savait accrocher et émouvoir l'âme du public. C'est aussi grâce à ses paroles sans ambages et sa musique mélodieuse que ses chansons ont conquis les coeurs. C'est l'un des plus grands interprètes de chanson sociale au monde.

Il y a chez lui, l'absence de cette propension hypocrite à prétendre puiser dans le "trésor des ancêtres ", celui des vieux poètes maghrébins.

Il a été découvert sur le tard par la nouvelle génération, El-Harachi a eu droit à sa première grande scène lors du Festival de la Musique maghrébine qu'il s'est tenu à la fin des années 70 à la Villette.

Quelques mois avant sa mort accidentelle, la télévision algérienne lui avait consacré un film intitulé Saha Dahmane, réalisé par Salim Benkadi, qui le révèle davantage au public. A travers cette production qui retrace les pérégrinations d’un émigré venu passer des vacances au bled pour y retrouver ses amis et les siens.

Il décède le 31 août 1980, dans un tragique accident de la route, laissant près de trois cents chansons qui ne sont pas enregistrées.

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Kamel El Harrachi a repris le nom de son père afin de perpétuer sa mémoire en 1991. Les observateurs disent que la ressemblance est troublante, mise à part peut-être la voix, plus douce chez le fils.

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Ya Rayah

Yâ rayaḥ win msafir truḥ, taɛya wa twali 
Ô toi qui t'en vas, où pars-tu ? Tu finiras par revenir 

Šḥal nadmu la-ɛbad al-ḡaflin qabl-ak u qab-li 
Combien de gens naïfs l'ont regretté avant toi et moi 

Šḥal šaft al-buldân al-ɛamrin wa l-barr al-ḫali 
Combien de pays surpleuplés et de régions désertes as-tu vu ? 


Šḥal dhiyaat wqat ? šḥal tzid mazal u tḫali ? 
Combien de temps as-tu gaspillé ? Combien vas-tu en perdre encore et que laisseras-tu ? 


Yâ l-ḡayib fi blad an-nas šḥal taɛya ma tajri 
Ô toi qui t'absentes, tu ne cesses de courir dans le pays des autres 


Tzid waɛd al-qudra wala zman wa anta ma tadri 
Le destin et le temps suivent leur course mais toi tu l'ignores 

[Refrain] 

Ɛalaš qalb-ak ḥazin wa ɛalaš ḥakda ki zawali 
Pourquoi ton coeur est-il si triste ? Pourquoi restes-tu planté là comme un malheureux ? 


Matdum ašadda wila tzid taɛlam u tabnî 
Les difficultés ne durent pas (1), et toi tu ne construiras, ni n'apprendras rien de plus, ainsi 


Ma ydumu l-ayyam wala ydum saḡr-ak u saḡr-i 
Les jours ne durent pas, tout comme ta jeunesse et la mienne 


Yâ ḥalilu maskin li ḡab saɛd-u ki zahri 
Ô le malheureux dont la chance est passée, comme la mienne 


[Refrain] 

Yâ msafir naɛat l-ik usɛayti ad-diha al-bakri 
Ô toi qui voyage, je te donne un conseil à suivre tantôt

 

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Voir aussi

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