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Rap au Maroc

Rap au Maroc

Le rap marocain est un style musical apparenté au rap et à la  culture hip-hop du Maroc. Il semble se démarquer néanmoins du rap américain ou du rap français par sa localité, sa proximité de la jeunesse marocaine pour qui le rap devient un moyen d’expression par excellence ainsi que par la relative influence de l'environnement musical marocain qu'il subit[2]Au Maroc comme ailleurs, les rappeurs se font une place, mais font face aussi au rejet. On assiste même à des accrochages entre artistes « classiques » et rappeurs et entre membres de la société et rappeurs. Est-ce leur message qui dérange ? Est-ce que ce sont les paroles « trop crues » que les rappeurs utilisent pour transmettre leurs, paroles parfois très agressives ou alors cela tient-il à l’origine même des rappeurs qui sont nés dans les quartiers chauds de New York et qui leur colle une étiquette de bandits ?

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Les débuts du rap et de la culture urbaine dans ce pays remontent au milieu des années 1980, avec notamment le groupe Double A qui a débuté à Salé.

La fin des années 1990 est aussitôt marquée par l’émergence d’artistes qui lui insufflent une inspiration créatrice et rénovatrice. Si le rap est apparu, il n’en demeure pas moins que le rythme joue un rôle fondamental dans l’écriture du texte et la prosodie du rappeur car on a beau répéter que les rappeurs viennent «de bas» et rabaissent l’art. Une chose est sure est un rappeur, même sans niveau scolaire possède une large culture générale et représente un intellectuel en sens aiguisé.

Le rap, émanant de la société marocaine et porteur de message de protestation sociale est certes souvent associé à la révolte de toute une jeunesse. Mais ce message ne pourrait être précis et conscient si celui qui le transmet n’a pas connaissance non seulement des phénomènes et des problèmes de sa société, mais également d’une certaine évolution historique et socio-politique difficile que vit le Maroc.

Les rappeurs marocains ont justement présenté un produit assez riche sur ce plan là. Evoquant les problèmes sociaux tels le chômage, l’immigration clandestine, la pauvreté, la corruption, le manque d’intégration scolaire chez les adolescents, ils traitent également des certains problèmes touchant au conflit des civilisations, la relation entre un Occident développé et un Orient cherchant son chemin, la Palestine, l’avènement des anciennes colonisations et l’héritage qu’elles ont laissé dans les pays colonisés.

Ces rappeurs font plus que transmettre un message et dans certaines de leurs chansons, ils  présentent une analyse reliant les faits historiques et comportant causalité et conséquence.

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Seulement, le Rap suscite des réactions, souvent de protestation et de conflits, certains rappeurs ont même comparu devant la justice marocaine pour diffamation et injures… D’autres rappeurs suscitent la colère de toute une tranche de la société, dont ils prétendent être pourtant les défendeurs.

Les rappeurs affichent également avec insolence leur obsession à vouloir faire du fric, vite et tout de suite, à moins qu’ils ne soient tout simplement un peu moins hypocrites que beaucoup d’autres artistes. Mais ces rappeurs, sont-ils des ex-pauvres ou des nouveaux riches ? Question d’une importance extrême à la quelle on ne peut pas répondre sans avoir la tentation de tricher. D’abord, que réclame un ex-pauvre quand il est signé pour une maison de disques ? « Au lieu d’éplucher son contrat, il demande de l’argent liquide, cash », dit d’expérience, Maurice Elbaz, Directeur Général de FTG. 

Pendant plusieurs années, ce rap n’a pu évoluer qu'en se mêlant à d'autres genres musicaux locaux comme le chaâbi, le raï et d'autres styles plus occidentaux comme la soul, le funk, le reggae, le hard rock, la musique folk, ou le jazz...Il persiste encore une grande résistance culturelle à ce mouvement[3]. Le rap marocain confirme progressivement sa propre personnalité, oscillant d'une part entre revendications sociopolitiques pour les uns, messages positifs voire festifs ou encore une tentation commerciale pour les autres[4].


Histoire, évolution, technologie croissante et diffusion du hip hop au Maroc

L'accès à de nouveaux logiciels toujours plus perfectionnés, tels que samplers et séquenceurs, offrent des possibilités techniques et artistiques jusque-là inédites aux disc-jockeys, qui distillent des sonorités, des rythmes et des mélodies auparavant imperméables aux rappeurs. L'introduction de ces sampleurs porte à évolution la manière dont le rap est produit. Un échantillonneur permet d'enregistrer et de stocker numériquement des petits passages sonores provenant de n'importe quel appareil disposant d'une sortie électrique, comme une platine-disque. Les producteurs ont donc pu échantillonner les sons de batterie des albums de leur jeunesse. Plus important encore, ils sont en mesure de "sampler" des sons de cuivre, de basse, mais surtout d'instruments traditionnels marocains en ajoutant leurs rythmes. Et le rap parvient progressivement à arriver à une orchestration au grand complet.

Dans cette scène naissante, les premières stars émergent dans plusieurs quartiers  populaires de Casablanca, et se répandent comme une traînée de poudre vers d'autres quartiers de la ville. Un des premiers groupes de rap représentatif furent Les Dragons Blancs qui est passé à l’émission Musiqua, présentée à l'époque par Jaqueline Alioli.

Le rap marocain s'installe de plus en plus dans les quartiers populaires des autres villes et leurs agglomérations avoisinantes. Ce rap rencontre néanmoins des difficultés de prendre son envol du côté des maisons de disques qui hésitent à prendre le risque de produire la culture hip-hop.

D'autres artistes pratiquant le rap marocain ont évolués dans d'autres ville du pays, comme à Meknès.[5]

Même si le rap local est largement influencé par les tendances américaines et françaises, les rappeurs marocains n'adoptent pas le même mode de vie (comme les grosses voitures, filles dénudées ou d’armes à feu), ces rappeurs se revendiquent plutôt à une appartenance populaire parfois musulmane en restant respectueux de certaines valeurs.[6] La liberté d'expression dans les thèmes du rap marocain reste modéré et ne va pas jusqu'au point d'offenser par exemple la famille royale, de faore m'apologie du sexe, ou des valeurs du mariage...Certains groupes sont carrément misogynes.

Pour les observateurs de ce genre musical, ce sont des albums sortis depuis 2004 qui permettent au rap marocain d'émerger et de conscientiser le public. C'est le cas de l'album intitulé Mgharba tal'Mout de Bigg[7]. Dans ce contexte le chanteur déclare "utiliser le langage des jeunes pour leur parler vrai. J’exprime ainsi le fond de ma pensée et la leur. Je crie haut sur scène ce que les Marocains pensent tout bas"[8], le maxi Khatwa signé Casa Crew, les albums d'H-kayne , de Fnaïre, de Zanka Flow.

Au sein du rap marocain, Hoba Hoba Spirit est un groupe de fusion qui se distingue des autres et obtient du succès auprès des jeunes, car il a un style un peu spécial baptisé "Haiha Music" (la musique de l'éclate).

Comme pour beaucoup d’artistes non-officiels et non-subventionnés par le ministère de la Culture du Maroc, les rappeurs doivent également recourir à la débrouillardise amatrice car ils ne disposent pas de circuit officiel de distribution. Certains n'hésitent donc pas à s'autoproduire et déposer leurs cassettes ou CD en vente dans le circuit commercial. De nouvelles formations comme les talentueux MC4 de Meknès, constituées de jeunes MC enthousiastes qui espèrent pouvoir se porter candidats au Festival, véritable tremplin pour les nouvelles formations souhaitant dépasser les scènes locales.

Néanmoins des groupes et des artistes ont pu se faire connaître, grâce a leur travail acharné et a leur passion démesurée et aussi grâce à internet et aux mp3 mis gracieusement à télécharger ou via des webradios qui diffusent en streaming cette musique.

En 2006, Le rap marocain est mis à l’honneur à l'édition du BBC Music Awards.

La Fédération internationale de Hip-Hop désigne le Maroc pour abriter le Championnat du monde de hip-hop en 2009.

L'argot dans la chanson du Rap Marocain



Utilisation de la darija et thèmes des paroles - Une reconnaissance du rap comme outil pédagogique

“Comme le malhoun, le rap et le slam sont des manières de mettre en valeur la langue orale et la poésie urbaine, dans une forme plus contemporaine, argumente-t-elle. Les poètes et interprètes du malhoun étaient des orfèvres de la darija, qui en faisaient plus qu’une langue du quotidien, mais aussi celle de la poésie” dit Naïma Lahbil Tagemaouti, la directrice de la Fondation Esprit de Fès, qui a pour objet la promotion des activités favorisant le développement humain de la ville de Fès, à travers la culture et notamment le développement de son tourisme culturel.

La scène du rap et celle de la musique urbaine gagne les grandes villes du pays. Utilisant la darija c'est à dire un sociolecte véhiculé dans la rue. Les rappeurs revendiquent des messages de contestation politique et sociale dans l'espoir d'un Maroc meilleur et dénonce régulièrement la corruption, la misère, le chômage, en faisant appel à des textes satiriques critiquant la société parfois avec humour et de la musique est plongée dans le monde de la street music marocaine. Le but des rappeurs n'est pas de réaliser de belles phrases mais ils cherchent surtout à atteindre leur public pour que celui-ci les comprenne. A cet effet ils jonglent avec la darija tout en respectant les normes linguistiques. Le rap comme le reste de la culture hip-hop au Maroc cumule bien donc un aspect festif et un aspect contestataire.

L'une de premières touches particulières apportées par les rappeurs marocains a été l'introduction de la Darija à côté du français, de l'anglais et même de la l'amazigh. Comme la soul et le funk dont il s'inspire, les textes traitent des sujets communs à toute la musique populaire occidentale c’est-à-dire de la vie quotidienne, d'amour ou de sexe. Aujourd’hui, c’est de chômage, de drogue, de délinquance, du système, de visas, de divorce, de droits de la femme (qui touche les jeunes marocains)...qu’il est souvent question dans les chansons. Nombreux jeunes s'intéressent aux concepts de responsabilité et de justice sociale liés au message de la culture hip-hop. Les jeunes affrontent par là les mêmes problématiques que celles des années 1960.

Sensibilisés à l'activisme, ils sont conscients du besoin de liberté de parole. Les jeunes marocains ressentent ainsi le besoin de s'exprimer et de se démarquer de la génération de leurs parents. Le rap qui apparaît comme un nouveau son devient très rapidement un élément d’accroche pour un grand nombre de jeunes de toutes les couches sociales. Certains rappeurs sont considérés comme de véritables poètes des temps modernes, ils jonglent avec la darija, font des jeux de mots, réussissent parfois des rimes jusqu'à inventer des néologismes.

Tous les éléments de ce genre musical font nécessairement appel à des aptitudes mentales. particulières Le rap est est ainsi fondé sur un savoir-faire, un savoir être et ces aptitudes nécessitent un apprentissage, de la planification et de la pratique. Elle implique beaucoup efforts de mémorisation, de créativité, de réflexion et de communication ; c'est la raison pour laquelle de plus en plus d'activités parascolaires incorporent le hip-hop pour favoriser le développement des jeunes.[11]

La Fédération internationale de Hip Hop a désigné le Maroc pour abriter le Championnat du monde de Hip Hop en 2009.

Urban Style Association

A l'instar de son homologue anglaise London Urban Style Association qui est l'une des principales associations de hip-hop en Grande Bretagne, Urban Style Association est un collectif d'artistes marocains créée en novembre 2004, dédié au rap et à toutes les cultures urbaines confondues, aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. Ce collectif a pour mission principale de redorer le blason de cette culture et de la faire évoluer non pas vers la contestation mais davantage vers la créativité artistique[12].

Le rap marocain dans la diaspora

Les rappeurs marocains commencent à travailler leur style. Ils ont beaucoup mûri et évolué musicalement. On sent maintenant qu’ils sont prêts à éclore en France, auprès de la diaspora marocaine.[13]

Récupération du hip-hop par des partis politiques

Ces groupes issus de la culture suburbaine constituent pour les jeunes un divertissement très apprécié et fournissent cependant aux partis politiques une excellente occasion d'attirer les jeunes électeurs[14]. Un phénomène similaire s'était produit au Pérou, où un clip de propagande électorale pour 2006 avait été diffusé sur les chaînes de télévision locales : un spot animé montrant des personnages en forme d'étoiles avec le symbole de l'APRA, dansant sur une chanson au rythme du reggaeton à la gloire du candidat du parti, l'ancien président du Pérou (1985-1990), Alan Garcia[15].

 


Parmi les représentants du rap marocain

  • Awah, est une formation de rap marocain formé en 2004.
  • Bigg[16]considéré comme l'un des pionniers du rap marocain et figure du hip-hop marocain, notamment pour son style franc, cru et direct.
  • Double A, est une formation de rap, pionnier à Salé.
  • H-kayne est un groupe de rappeurs issus de la fusion (DOGS ou 15-3/MKS), ils étaient au départ composée de 3 personnes : Adil, Azeddine, Othman. Leur musique est riche en samples orientaux sur lesquels s’appliquent des rythmes électroniques adaptés aux dance-floors.
  • Casa Crew: est un groupe de rap crée en 2003 à Casablanca.
  • K-Fash : est un groupe de rap casawi composé de quatre membres, prônant un style de rap dénué de paroles crues, ce qui le rend "plus acceptable" par une frange de la population.[17]
  • Style Souss : quatuor récent de rap marocain d'origine amazigh, qui s'est formé en 2004 et travaillant toujours à Agadir.
  • Aminoffice : ex membre du premier groupe de rap à Salé Double A.
  • Kif kif : groupe de rap contestataire de Sidi Kacem formé par Rach, Escobar, Arm, DJ Khalid (classé parmi les dix meilleurs disc jockeys au monde) et DJ Mounir
  • RaiRap
  • Rass Derb
  • Fnaïre : est une formation de rap marocain formé en 2002 entre 4 musiciens originaires de Marrakech. Fnaïre fusionne mélodies traditionnelles marocaines et beat-rap (ou appelé encore rap taqlidi).
  • Muslim
  • The Author's[18]
  • Zanka Flow : groupe basé à Tanger
  • Hell-Ouaf
    Tigresse-Flow
  • MC Naciro
  • Redskins
  • MC4, une jeune structure musicale de rap marocain créé en 2005, basé à Meknès entre 4 amis MC qui distillent des sonorités, des rythmes et des mélodies assez inattendues.
  • M-Snoop Momota, rappeur de Meknès-city !

Film documentaire sur le hip hop au Maroc

Maroc Street Life est le titre du premier documentaire consacré à la scène hip-hop marocaine, réalisé par Dj Key, l'un des précurseurs du genre.

 

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Salim Laguili - "3ndi L3ide" - Produit par Dj Van & Dj Perfecto


Notes et références de l'article

  1. Rap qui s'inscrit d'abord comme un mouvement révolutionnaire et musical noir, mais qui dans le contexte marocains pourrait rapprocher de la culture africaine dont se réclame le mouvement hip-hop de manière générale.
  2. Tout comme dans le cadre de la culture hippie de la fin des années 60, les jeunes urbains marocains ressentent le besoin de s'exprimer et de se démarquer de la génération de leurs parents.
  3. En ce sens que les islamistes tiennent le haut du pavé dans les facultés marocaines, sans pour autant convaincre une grande partie d'une jeunesse estudiantine attirée par la culture occidentale. Sur les pelouses des campus de Casablanca cohabitent, tant bien que mal, les adorateurs du cheikh Yassine et les fans de hip-hop algerie-dz.com
  4. En ce nouveau millénaire, les jeunes affrontent les mêmes problématiques que celles des années soixante. Sensibilisés à l'activisme, ils sont conscients du besoin de liberté de parole. Et si le rap a été au départ une forme d'expression révolutionnaire née dans les ghettos des Etats-Unis d'Amérique, nombreuses sont les questions qui se posent aujourd'hui. Est-ce que la révolution est toujours d'actualité ou le message a-t-il changé ? Qu'en est-il des messages véhiculés par le rap ? in Maroc: le besoin de s'exprimer par Ayoub Akil dans Libération (Casablanca) du 15 juillet 2007 Distribué par AllAfrica Global Media
  5. «I love Hip-Hop in Morocco» C'est justement dans cette ville et à Marrakech qu'est organisé le premier festival de hip hop au Maroc par la section des Affaires publiques de l'ambassade des Etats Unis.
  6. Il chante en arabe dialectal et se préoccupe de revaloriser la darija qu'il considère faisant partie intégrante du patrimoine culturel marocain et s'impose également comme MC à coté de dj key aux platines et notamment dans des concerts tel qu'avec Dj Abdel ou Nouri ou au Boulevard des jeunes musiciens
  7. Les membres de cette formation puisent leur inspiration dans les rues de Marrakech, leur ville natale. Ni rebelles ni révolutionnaires, ils qualifient leur musique de « rap traditionnel », un mélange de musique typiquement marocaine et de hip-hop américain par Nadia Lamarkbi dans Jeune Afrique.
  8. Mario Scolas, sur l'article dédié in Wikimusique, juin 2007
  9. De son vrai nom Hazeb Taoufik surnommé « Al Khasser », Bigg est l'auteur de textes considérés comme provocateurs qui ont fait de lui le porte parole de toute une génération de laissés pour comptes de la jeunesse marocaine.
  10. Groupe de rap fondé En 2005, composé de 4 membres originaires de Casablanca, The Author's est un groupe de jeunes rappeurs représentant leur quartier Derb sultan Myspace officiel du Groupe


Voir aussi