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Jasser Haj Youssef

Jasser Haj Youssef

 

Jasser Haj Youssef (جاسر حاج يوسف),  né le 18 juin 1980 à Sousse est un compositeur et un virtuose au violon de musique arabe traditionnelle, classique et de jazz. Il parvient à nous faire comprendre l'étonnante relation entre tous ces domaines musicaux longtemps séparés. Homme de culture croisée, musiques plurielles, il représente le passeur de la Méditerranée à gué. La magie du jazz réside pour lui "dans les interstices de la musique du monde où le jazz est une trace". Lui , l'enfant de Sousse, vivant et travaillant à Paris, sait la joie inépuisable des rencontres. Lui, Jasser le Tunisien, il recrée une Andalousie ancienne, un âge d'or dans la musique.

Biographie et évolution musicale

Issu de l'union d'un père ethnomusicologue[3] qui transmet au jeune Jasser son amour pour la musique et d'une mère styliste-modéliste qui lui communique la passion pour le goût de la création, l'esprit d'ouverture et celui de l'improvisation. Improvisation musicale qui est par ailleurs le maître-mot de ce brillant instrumentiste doté d'une solide formation musicale[4].

Associé à de nombreux projets artistiques, Jasser compose pour le cinéma et collabore pour le théâtre avec la metteur en scène Simona Morini dans La Sposa Persiana de Carlo Goldoni et enregistre avec de nombreux projets d'artistes tels que Barbara Hendricks, Youssou N’Dour, Sister Marie Keyrouz, Cheikha Rimitti[5], Cheb Najim, Toufic Farroukh[6], Miguel Angel Estrella[7], Bzzz Pük (Geoffroy De Masure[8], Linley Marthe and Chander Sardjoe), Ousman Danedjo, Fawzi Chekili, Salah El Mehdi, Safia Chamia, Mohamed Taoufik Bestandji, Dorsaf Hamdani, l'Ensemble Pour La Paix "Araméa", Carlo Rizzo, Nejma et Elie Achkar virtuose du Qānun[9] et qui se produit avec l'Ensemble Zephyr.
 


 

Improvisation musicale et fusion des genres musicaux et métissage des cultures

Comme chercheur à l'Université de Paris 8 et à l’Université de Tunis, Jasser Haj Youssef s'intéresse à la fusion entre le jazz et les musiques arabes selon la théorie que les deux genres ont pour point commun la musique improvisée[10]. Cette liberté permet à des artistes de tous horizons de pouvoir créer ensemble lors de rencontres impromptues. Par ailleurs cela s'inscrit dans le contexte de l'émergence d'une nouvelle scène de fusion de genres musicaux et de de musiques improvisées depuis la fin des années 1990 en Tunisie fait évoluer cette scène dont émergent un grand nombre de partisans, d'instigateurs prometteurs de ce nouveau phénomène qui privilégient l'improvisation musicale. Les musiciens disposant d'un répertoire important dans lequel ils puisent pour développer leurs variations et improvisations, mais c'est surtout à travers les traditions orales qui se rejoignent dans la notion de recréation perpétuelle de leur patrimoine respectif au contact de l’auditeur. Il met en évidence les caractéristiques de la musique arabe avec des extraits sonores et/ou visuels, sans oublier le côté fusionnel de cette musique : son brassage avec d’autres cultures (Afrique, Andalousie[11]) jusqu’au jazz.

Bien qu'il s'intéresse par ce qu'on appelle vulgairement la world music, un concept un peu «fourre-tout» depuis les années 80 qui correspond à la médiatisation de formes populaires d'expressions musicales et qui selon le musicologue Roland de Candé ne permettent plus la faculté d'attention ou de jugement de s'exercer sur les phénomènes sonores. On dirait même que pour accompagner son déclin, notre civilisations s'est choisi craintivement un fond musical pratiquement uniforme du timbre dans plusieurs genres musicaux à en perdre toute réalité musicale [12]. Jasser Haj Youssef se défend d'appartenir à cette catégorie des musiques du monde. Pour lui c'est un travail qu'il tient à cœur parce qu'il est sincère, très profond et a fait l'objet d'une étude d'un projet commun avec Geoffroy De Masure pendant plusieurs années en déterminant ces points communs entre musiques arabes et le jazz[13]. Expérience qu'ils ont expérimenté lors de rencontres avec de bons musiciens[14].
Son jeu musical est spontanée et savant à la fois, il admire le métissage des cultures et s'en sert dans tout style de musique. «Le métissage est toujours là, dans mon jeu, et je vois le sourire dans les yeux du public ou de mes collègues, je lis à travers leurs yeux un message de Paix dans cette «diversité». C'est un bonheur pour tout le monde ! ». Jasser s'est produit également, en duo, avec David Bruley, un spécialiste des percussions du monde au sein de Grupu Brilhantina autour des musiques du Brésil.

Jasser se produit au violon et à la Viole d'Amour à l'UNESCO de Paris, à l'Institut du Monde Arabe, au Festival de la Médina (Tunisie - qui se tient traditionnellement durant le mois du Ramadan ), au Palais des Beaux Arts (Bruxelles), à l'Atrium (Martinique), à l'Église de la Madeleine (Paris) et à Pétra (Jordanie) en présence du Dalaï Lama et 42 lauréats du Prix Nobel pour la Paix...

En 2008, Jasser se présente à l'Unesco : voici deux extraits.


Notes et références de l'article

  1. ↑ Le professeur Hassine Haj Youssef, enseignant à l’Institut supérieur de musique de Sousse est un éminent spécialiste de la musique soufie qui a notamment produit sur les ondes plusieurs émissions de télévision et de radio sur les musiques traditionnelles tunisiennes. Un ouvrage en collaboration avec l'historien Abdel Wahhab Bouzgarrou sur les confréries religieuses soufies en Tunisie est en actuellement en préparation.
  2. ↑ Universitaire, Haj Youssef est par ailleurs titulaire d'un premier prix de musique arabe
  3. ↑ Cheikha Rimitti qui apparaît comme porte-parole des femmes du Maghreb et considérée par nombre de musiciens comme la mère du raï, elle a chanté l'amour, l'amitié le deuil, la guerre, l'alcoolisme, l'émigration, la révolte...
  4. ↑ Jasser jouera pendant 3 ans avec Toufic Farroukh, un jazzman aux confluences des musiques du monde représentant l'une des valeurs sûres d'une nouvelle génération de musiciens libanais. A une trame jazz solide, faisant sonner des instruments traditionnels comme le oud, le ney, le riqq, ou le bouzouki en créant une ambiance à la fois nostalgique et actuelle. « Je déteste l’appellation jazz oriental », confie-t-il à une interview. « Je peux accepter toutes les étiquettes, mais pas une seule », précise-t-il. Alors, où classer l'album Drab zeen ? En jazz ou en world music ? Et si la question n’avait aucune importance ? Le jazz avec sa notion d’improvisation existe et la présence d’instruments liés au répertoire traditionnel donne aussi une coloration. Pour troubler les pistes, il convient d’ajouter que le pro tools côtoie le bendir. Joseph Sacre, comédien libanais qui a travaillé avec Fairouz, lui a aussi fait écouter un jour Marlène Dietrich. Lili Marlene est restée dans le panthéon musical de cet amateur d’images, au point de devenir cette chanson Lili s’en fout!
  5. ↑ Miguel Angel Estrella, qui figure parmi les plus prestigieux pianistes classiques argentins et ne cesse de faire campagne pour rendre la musique accessible aux catégories sociales les plus marginalisées au service des droits de l’homme, de la communauté humaine, de la dignité de la personne, de la paix et de la jeunesse.
  6. ↑ Jasser rencontre Geoffroy De Masure dans le groupe de Toufic Farroukh et collaborent dans « Last Night In Tunisia » parce qu'ils s'entendent, ont une vision commune de la rencontre des cultures sans tomber dans les clichés et la « musique de variété ». Geoffroy De Masure a également participé à divers projets musicaux de fusion aux côtés de Jean-Marc Padovani (au Cambodge) et prend part au projet Al Majima avec les Gnawas de Tanger. Cependant son premier contact avec la musique arabe, il le doit au saxophoniste libanais Touffic Farroukh qui fait appel à lui à maintes reprises lors de concerts et d'enregistrements
  7. ↑ ...Et fin connaisseur de la musique arabe et de musique arabo-andalouse
  8. ↑ Les multiples sources d'influence de cette musique sont sémitiques et méditerranéennes et remontent à la période qui se situe entre le Ve siècle et l'expansion de l'islam au VIIe siècle, mais aussi aux influences culturelles indo-persanes et grecques. Par ailleurs, les traditions majeures forgées en Arabie se développèrent et subirent les influences d'anciennes cultures des différents pays où l'islam et la civilisation arabe s'imposèrent, principalement en Perse, en Anatolie, au Proche-Orient et au Maghreb. La plupart de ces musiques proposent notamment des formes d'improvisation où alternent parties vocales et instrumentales.
  9. Cancioncillas del jardín del Edén, Un livre, un CD (Une compilation de 28 chansons traditionnelles pour enfants des différentes communautés juives)
  10. Hisoire Universelle de la musique, paru aux éditions Seuil en 1979
  11. ↑ ...Ensemble, il se livrent avec bonheur à des improvisations instrumentales impromptues.
  12. ↑ Plus de trente musiciens originaires de Tunisie, France, Hollande, Ile Maurice, Brésil, Sénégal…
  13. C’est toujours par la musique qu’on peut accéder à l’irréel. Qu’il s’agisse de Mozart, de chants grégoriens ou de chants soufis, la musique reste le moyen d’atteindre le spirituel. Dans la philosophie Soufie, le chant et la voix, jouent le rôle du passeur entre l’homme et Dieu.


Jasser Haj Youssef (جاسر حاج يوسف) is a Tunisian composer, violinist and viola d'amore player. He performs and/or records with many artists such as (selection) : Sister Marie Keyrouz, Barbara Hendricks, Youssou N'Dour, Toufic Farroukh and Absolute Orchestra, Miguel Ange Estrella, Geoffroy De Masure, Elie Achkar, Linley Marthe, Keyko Nimsay (new project with Karim Ziad, Mario Canonge, Franck Nicolas, Michel Alibo, Arnaud Dolmen), Charbal Rouhana, Carlo Rizo, Ousman Danedjo, Juju Child, Fawzy Al-Ayidi, Simona Morini, Rachid Ben Abdeslam, Najma Akhtar, Christian Leroy and Tunisian artists such as Fawzi Chekili, Salah Al-Mahdi, Safia Chamia, Choubeila Rached, Dorsaf Hamdani, La Camerata (chamber music) and the Tunis Symphony Orchestra.

Jasser performs at the UNESCO, New Morning, Arab World Institute (IMA), Zénith, Opéra de Lille, Eglise de la Madeleine, Palais des Beaux Arts (Brussells, l'Atrium (Martinique), Petra (where he meets the Dalaï Lama and 42 Nobel Peace Prize Laureates), Saudi Arabia, Bonifacio, Venice, Egypt...