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Samedi 8 décembre 2007 6 08 /12 /Déc /2007 15:35

La musique tunisienne est un ensemble de musiques influencées par le métissage d'une population essentiellement arabe issue des Berbères avec les différents vagues musicales issues des occupants de ce pays (colonisateurs ou immigrants puniques : vandales, romains, turcs, andalous, français, italiens, russes, etc.). Elle a été également influencée par la chanson foundou et le zindali, constituant les deux principales formes musicales populaire de ce pays. La musique tunisienne a toujours affirmé un caractère récréatif. Elle a souffert néanmoins d'une incommunicabilité entre la théorie et la pratique à cause de l'absence d'une notation unifiée. Ces deux phénomènes ont été perçus comme une entrave au développement de la musique comme art indépendant en Tunisie.

Bien que la musique tunisienne est différente des autres pays du Maghreb. Ne serait-ce que par son rythme qui est différent du rythme algérien ou marocain. Les rythmes Fazzenie, Souga et Jerbi n'existent qu'en Tunisie, c'est une particularité. (propos de Kaouthar Bardi)

Cette musique s'insère par ses caractères dans la mouvance des musiques dites « orientales » et constitue une synthèse entre le fonds culturel propre du pays et des apports exogènes principalement andalous et orientaux.

A la croisée entre l'Orient et l'Occident, la Méditerranée et l'Afrique, la Tunisie a toujours été un pays de brassages, de diffusion et de rayonnement au niveau de la musique.

Cette musique se caractérise par la variété de ses modes et par ses rythmes spécifiques qui se distinguent nettement de ceux d'autres pays culturellement proches. Des formes musicales dont la Nouba, le Muwashshah, le zajal et le foundou constituent l'essentiel du patrimoine musical tunisien connu sous le nom de Malouf.


Styles musicaux

Sur le plan musical, la Tunisie est réputée pour son répertoire classique arabo-andalou, le malouf, importé de l'Andalousie musulmane d'où fuient les musiciens juifs et musulmans devant la reconquête espagnole (principalement à la chute de Grenade au XVe siècle). Le malouf, et la musique issue de la tradition orale  se métisse d'éléments berbères, turcs ou persans a failli pourtant disparaître au début du XXe siècle s'il n'y eut une grande initiative de lettrés, de musiciens et de mécènes pour fonder une institution réputée dans le monde arabe : La Rachidia. C'est dans ce cadre que sont transcrites et enregistrées pour la première fois les plus grandes noubas, sortes d'œuvres complètes répertoriées par modes ou maqâms[1], qui servent de charpente, codifiées de façon précise avec des suites de maqâms, de rythmes et de genres poétiques apprises et connues des mélomanes, permettant à l'interprète de s'exprimer.

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La musique traditionnelle compte treize modes : Al rast, Al dhil, Rast al dhil, Al raml, Al maya, Ram al maya, Al iraq, Al sika, Al hsin, Al nawa, Al asbaîn, Al asbahan et Al mazmoum. Les demi-tons ne sont pas les mêmes : histoire de komas (intervalles très petits) entre le ré et le mi, il y a neuf komas, le demi bémol tunisien est plus avancé d'un ou de deux komas. Mais dans la musique Tunisienne il n'y a pas de règle bien définie, il faut connaître et discerner cela à l'oreille. Les égyptiens ne peuvent pas jouer la musique tunisienne et les tunisiens ne peuvent pas jouer la musique égyptienne. Cependant, ils sont accordés de la même manière. Seuls les Turcs sont accordés différemment. Si un Égyptien et un Tunisien jouent ensemble, leur " ré " seront pareils, mais les " mi " demi-bémols seront différents. Il y a de grandes différences entre les tonalités de différents pays.

L'interprète est le personnage le plus important du trio compositeur-poète-interprète à l'origine des compositions le plus souvent anonymes. Ces interprètes, souvent aussi compositeurs, sont rassemblés au sein de La Rachidia dans un immense travail d'archivage des très nombreuses tendances de la musique classique tunisienne. La plupart d'entre eux continuent leur œuvre en la modernisant, en opérant une symbiose d'éléments occidentaux, comme le piano ou la guitare électrique, ou de rythmes comme le tango ou la rumba.

Parmi les autres styles de la musique tunisienne figurent le mezoued, le stambali et le salhi qui allie mysticisme, poésie et ambiances de fête et de transe. Parmi les grands noms connus de ces genres figurent Ouled Jouini, Belgacem Bouguenna, Fatma Boussaha, Hedi Habbouba, Faouzi Ben Gamra, Amina Srarfi ou Salah El Farzit.

D'après un article écrit par Fethi Zghonda qui ont fait suite aux entretiens avec Hassine Haj Youssef et des musiciens de Mezoued depuis 2003, on peut actuellement affirmer que le Mezzoued est arrivé en Tunisie au début du XXème siècle à travers la Lybie et était très utilisé par ceux-ci qui se réunissaient après le travail autour de la musique, la danse, la poésie (en dialecte) et même quelques bières...

Le mezoued est longtemps ignoré par les instances culturelles officielles qui valorisent les formes de musique arabe classique au détriment de la musique populaire. Cette forme musicale, où l'instrumental domine, est accompagnée des paroles d'un chanteur exprimées en dialecte tunisien plutôt qu'en langue arabe comme dans les formes classiques de musique). Cette musique est souvent accompagnée par des choristes.

En effet il se serait diffusé dans la culture urbaine des couches sociale modestes et et déracinées par l'exode rural. Il pouvait être perçu comme l'expression d'un mal-vivre et d'une défiance vis-à-vis de la culture dominante et s'inscrivait volontiers contre les codes de la bienséance en adoptant un langage argotique et en traitant de thèmes provocateurs voire grivois. Ses plus sévères critiques associent le mezoued au zendali (réputé comme le chant des taulards). Même s'il est quasiment absent des médias - télévision et radio -, le mezoued est néanmoins diffusé par cassettes, ce qui le fait connaître du grand public. De plus, il possède un caractère festif et incarne la culture de masse face à une culture élitiste. Au début des années 90, la fresque musicale et chorégraphique Ennouba mise en scène par Fadhel Jaziri et Samir Agrebi entreprend de le réhabiliter en l'incluant dans le patrimoine musical tunisien. Dans le même temps, le mezoued est de plus en plus incorporé au répertoire des plus grands chanteurs.

 

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D'après un article écrit par Fethi Zghonda  qui ont fait suite à  des entretiens avec Hassine Haj Youssef et des musiciens de Mezoued depuis 2003, on peut actuellement affirmer que le Mezzoued est arrivé en Tunisie au début du XXème siècle à travers la Lybie et était très utilisé par ceux-ci  qui se réunissaient après le travail autour de la musique, la danse, la poésie (en dialecte) et même quelques bières...

Le mezoued est longtemps ignoré par les instances culturelles officielles qui valorisent les formes de musique arabe classique au détriment de la musique populaire. Cette forme musicale, où l'instrumental domine, est accompagnée des paroles d'un chanteur exprimées en dialecte tunisien plutôt qu'en langue arabe comme dans les formes classiques de musique). Cette musique est souvent accompagnée par des choristes.

 En effet il se serait diffusé dans la culture urbaine des couches sociale modestes et  et déracinées par l'exode rural. Il pouvait être perçu  comme l'expression d'un mal-vivre et d'une défiance vis-à-vis de la culture dominante et s'inscrivait  volontiers contre les codes de la bienséance en adoptant un langage argotique et en traitant de thèmes provocateurs voire grivois. Ses plus sévères critiques associent le mezoued au zendali (réputé comme le chant des taulards). Même s'il est quasiment absent des médias - télévision et radio -, le mezoued est néanmoins diffusé par cassettes, ce qui le fait connaître du grand public. De plus, il possède un caractère festif et incarne la culture de masse face à une culture élitiste. Au début des 90, la fresque musicale et chorégraphique Ennouba mise en scène par Fadhel Jaziri et Samir Agrebi entreprend de le réhabiliter en l'incluant dans le patrimoine musical tunisien. Dans le même temps, le mezoued est de plus en plus incorporé au répertoire des plus grands chanteurs.  Enfin, c'est peut-être en apparaissant comme une forme musicale spécifiquement tunisienne qu'il regagne une vraie place dans la cité.

Les instruments principaux de la musique tunisienne traditionnelle

  • oud : luth composé de cinq doubles cordes : sol la ré sol do
  • Qanûn : Cithare à vingt-six triples cordes
  • rebab : (rebek) ancêtre du violon
  • nay : simple flûte en roseau
  • naqarat : deux petites timbales jouées à l'aide de deux baguettes
  • Derbouka : peau de chèvre tendue sur poterie.

Le Mezoued, instrument à vent originaire de Tunisie et une forme de la musique populaire tunisienne. Il s'agit d'un instument de musique apparenté à la cornemuse, d'une longueur totale de 64 cm, répandu en Tunisie mais aussi utilisé en Algérie et en Libye. D'origine bédouine, cet instrument s'est propagé des campements nomades vers les campagnes puis les villes. Il se joue généralement accompagné du bendir, du tbal et de la derbouka. Pour jouer du mezoued, le musicien place la poche en peau sous le bras et s'en sert comme d'un soufflet. Le son est obtenu en se servant des trous comme d'une flûte, l'air étant fourni par le soufflet.

 

Évolutions historiques

Au début du XXe siècle, l'activité musicale est dominée par le répertoire liturgique (jadd) lié aux différentes confréries religieuses répandues dans le pays et le répertoire profane (hazl) constitué de pièces instrumentales et de chants dans des formes et styles d'origine essentiellement andalouse empruntes des caractéristiques du langage musical local. À coté de ces deux genres majeurs, les chansons populaires citadines ou rurales, différentes les unes des autres par le langage et les instruments utilisés, occupent une place importante. Dans ce contexte, Ahmed el-Wafi peut être considéré comme l'un des pionniers du renouveau de la musique tunisienne. Ses compositions dans les formes traditionnelles offrent une véritable synthèse de courants musicaux tunisiens et orientaux. L'influence orientale sur la musique tunisienne à l'époque résulte des fréquents séjours de troupes venues essentiellement d'Égypte, de Syrie ou du Liban et qui contribuent à répandre en Tunisie des muwashshahs, dawrs et autres formes de la musique traditionnelle et populaire originaires du Proche-Orient. Le vide laissé par la mort d'el-Wafi place la musique tunisienne, au cours des années 1930, dans une relative léthargie alors que la chanson judéo-arabe connaît dans le pays une certaine floraison grâce à des artistes issus de la communauté juive dont Cheikh El Afrit et Habiba Msika.

Fondée en 1934 l'association musicale de La Rachidia s'inscrit dans le renouveau culturel et social mené par l'élite tunisienne de l'époque qui est consciente des risques de dénaturation ou de déperdition du patrimoine musical tunisien considéré comme l'un des fondements de l'identité nationale. La création de La Rachidia va aussi dans le sens des recommandations du premier congrès de musique arabe organisé en 1932 au Caire et qui incite les pays arabes à collecter et à préserver leur patrimoine musical national. La Rachidia ne tarde pas à rassembler une élite de musiciens et de poètes érudits. Khemaïs Tarnane et Mohamed Triki, qui sont les principaux maîtres du renouveau musical entamé au sein de La Rachidia, mettent en chanson les poèmes de Jalaleddine Naccache ou de Mahmoud Bourguiba. Saliha, avec sa voix suave et son interprétation raffinée, est l'une des grandes révélations de l'institution.

La création de Radio Tunis en 1938 permet aux musiciens de mieux diffuser leurs œuvres. Les noms les plus représentatifs de cette époque sont ceux de Sayed Chatta, compositeur d'origine égyptienne, qui met son talent et sa sensibilité orientale au service des vedettes de l'époque que sont Fethia Khaïri et Hassiba Rochdi. Mohamed Triki, Hédi Jouini, Mohamed Jamoussi, Sadok Thraya et Ali Riahi donnent une impulsion nouvelle à la vie musicale avec des qasida et des chansons inspirés de la musique traditionnelle tunisienne, orientale ou encore aux couleurs occidentalisantes.

Dans les années années 60 et 70, on assiste à l'émergence de compositeurs et d'interprètes travaillant pour la plupart au sein de l'orchestre de la radio-télévision tunisienne. Dans cette vague, la variété occupe une place de choix. Ridha Kalaï, Salah El Mahdi (considéré comme un disciple de Tarnane), Kaddour Srarfi, Ali Chalgham, Chedly Anouar, Abdelhamid Sassi et d'autres contribuent à hisser plusieurs chanteurs et chanteuses parmi lesquels Oulaya, Zouhaïra Salem, Soulef, Safia Chamia, Youssef Temimi, Mustapha Charfi, Hana Rached, Choubeila Rached, Ezzeddine Idir et bien d'autres. Tahar Gharsa (autre disciple de Trnane) œuvre à mettre en valeur les spécificités modales et rythmiques de la musique traditionnelle. Le répertoire de Raoul Journo s'inscrit dans la même lignée. Ce chanteur judéo-tunisien se distingue par son interprétation des taâlila (chansons traditionnelles liées aux fêtes familiales).

En même temps, la chanson empruntant des mélodies et rythmes populaires connaît, notamment avec Ahmed Hamza et plus tard Kacem Kefi, une ascension importante. Originaires de Sfax, ils emboîtent tous les deux le pas à Mohamed Ennouri, maître incontesté de la musique populaire dans cette métropole du sud du pays. À partir des 80, la scène musicale voit émerger une génération de musiciens, compositeurs et interprètes de formation musicale arabe et occidentale qui considèrent que la musique tunisienne a besoin de nouvelles techniques d'écriture. Leur approche repose sur l'écriture harmonique et contrapunctique ainsi que sur l'orchestration où la variété des timbres instrumentaux constitue un élément essentiel. Les premières expériences dans ce domaine remontent aux années 60 avec Mohamed Saâda, suivi une décade plus tard par les fondateurs de l'Orchestre de la ville de Tunis. Cette tendance « modernisante » est toujours adoptée par quelques compositeurs tels que Ahmed Achour, Mohamed Garfi, Ouanès Khligène ou encore Kamel Ferjani.

Sur un autre plan, de nombreux artistes ont brillé en tant que solistes tels qu'Ali Sriti, Salah El Mahdi, Ahmed Kalaï, Mohamed Saâda, Anouar Brahem, Slah Ettounsi, Yousra Dhahbi, Mohamed Zinelabidine (directeur de la Nouvelle cité des Arts de Tunisie), Mourad Sakli Fawzi Chekili (musicologue, compositeur, concertiste, directeur du Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes, à Tunis) .

Sur le plan commercial, la musique tunisienne et ses artistes souffrent du pillage des œuvres musicales à grande échelle Le frère du célèbre chanteur Saber Rebaï, qui dirige les aspects financier de la société Phony[2], le bureau tunisien de Rotana Records qui est le plus grand label musical du Moyen-Orient.  Tarek déclare que la vente des cassettes et CDs des artistes tunisiens est en plein déclin. Les artistes tunisiens, comme son frère et Latifa inclus malgré leur popularité et la promotion dont ils bénéficient, n’arrivent pas à dépasser le cap des 1500 copies vendues et, surenchérit par rapport au manque de fréquentation de remplir les salles de concerts[3]. Les différentes étapes de l'enregistrement musical depuis les débuts du XXème siècle jusqu'à nos jours se caractérise par des techniques permettant une grande capacité de stockage ainsi que le téléchargement en ligne, ce qui peut porter préjudice à la situation économique et financière des sociétés de production musicale.

Les pionnières de la musique tunisienne(voir ici)

Habiba Msika, Fadhila Khetmi et Chafia Rochdi, à la fois chanteuses, danseuses, et comédiennes, ont été les trois personnalités artistiques les plus adulées du début du XXe siècle en Afrique du Nord.


Situation actuelle

La création en 1983 de la Troupe nationale de musique donne une impulsion significative à la création musicale. Parmi les compositeurs actuels figurent Adnane Chaouachi, Fethi Zghonda, Abdelkrim Shabou, Mohamed Majri, Abderrahmane Ayadi, Mohamed Salah Harakati, Naceur Sammoud, Mohamed Driss, Abdelhakim Belgaïd, Rachid Yeddes, Samir Agrebi et Lotfi Bouchnak. Parmi les interprètes les plus représentatifs, on trouve Latifa Arfaoui, Amina Fakhet, Dhikra Mohamed, Soufia Sadok, Sonia M'barek, Saber Rebaï, Slah Mosbah, Noureddine Béji, Chedly Hajji, Abir Nasraoui ou encore Nawal Ghacham.

L'émergence d'une nouvelle scène de fusion et de métissage de genres musicaux et de musiques improvisées depuis la fin des années 1990 fait évolué le paysage musical tunisien. Les partisans, instigateurs prometteurs de ce nouveau phénomène, sont ceux qui privilégient l'improvisation. Parmi les références, on cite les compositeurs-interprètes Dhafer Youssef, Anouar Brahem, Fawzi Chekili, Hichem Hemrit, Mohamed Ali Kammoun et Wajdi Cherif.

Un courant underground et engagé s'est également développé avec le groupe Neshez autour de Heykal Guiza et Skander Bouassida.

Une autre tendance plus électronique est représentée par le groupe Zemeken. On retrouve également d'autres jeunes groupes, comme le duo Samsa formé par Sana Sassi et Skander Guetari, vainqueur du premier prix des groupes lors du Festival de la musique tunisienne 2007.$

Cela dit, l’électro étant un genre instrumental, était à l'époque du Dictateur Benali un choix relativement peu risqué. Les groupes de metal et de rock étaient, eux, en partie protégés par leurs textes en anglais, incompréhensibles pour la police. Mais si l’on voulait chanter en arabe, il fallait soit faire de la “grande musique” inoffensive, soit opter pour la banalité de la pop locale et se vendre à des conglomérats comme Rotana, le géant des médias et du divertissement qui contrôle presque toute l’industrie musicale dans le monde arabe. On pouvait aussi choisir de protéger la flamme vacillante de l’intégrité et livrer un combat solitaire. Certains chanteurs populaires tunisiens comme Badiaa Bouhrizi, alias Neyssatou, ont eu le cran de s’exprimer.

Après avoir dénoncé la répression brutale des premières manifestations anticorruption à Redeyef, en 2008, Badiaa Bouhrizi s’est réfugiée au Royaume-Uni où on l’a vue chanter seule devant le consulat de ­Tunisie durant la “révolution de jasmin”.

D’autres, comme Emel Mathlouthi et Bendir Man, Bayram Kirani de son vrai nom, méritent d’être ­mentionnés. Il aura toutefois fallu un rappeur pour galvaniser la jeunesse tunisienne. Il y a encore quelques mois, Hamada Ben Amor, alias El Général, n’était qu’un jeune aspirant rappeur de 21 ans en sweat à capuche, veste en cuir et casquette de baseball. Il vivait avec ses parents et son frère aîné dans un modeste appartement de Sfax, morne ville balnéaire au sud de Tunis, où sa mère tient une librairie et son père travaille à l’hôpital. El Général n’avait même pas été repéré sur la scène du rap tunisien, dominée par des artistes comme Balti, Lak3y, Armada Bizerta ou Psyco M. Une scène en proie aux habituelles rivalités internes et éclipsée par celles, bien plus prolifiques, des raps marocain et français.

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El Général Lebled : la relève du rap tounsi (Adieu Balti)

Si le rap tunisien a du mal à trouver une certaine visibilité médiatique ou des canaux de diffusions, le rap tunisien commence à être influent! Le rappeur tunisien qui a le plus marqué le rap tunisien en 2011 est El Général Lebled, (qui a connu les affres des geôles tunisiennes  faisant oublier des rappeurs commerciaux quelque peu compromis avec le régime politique en place !

Face à un piratage massif qui exclut toute possibilité de rentabilité, la scène devient la seule planche de salut. Ces musiques underground tentent alors de se frayer un passage dans les festivals organisés par les institutions culturelles, mais au-delà de l'économie, dans un pays où par exemple un seul rappeur détient le statut d'artiste professionnel, c'est la censure qui s'exerce : "Il n'y a pas de secret, le rap contestataire se fait marcher dessus. Si tu veux passer dans les festivals, il faut filer droit, faire du mainstream". 

La Tunisie est devenue un des passages obligés des djs internationaux de la scène montante de la House. C'est clairement le résultat des programmations inédites de ses clubs. Face à cette  évolution, les clubbers tunisiens sont devenus beaucoup plus réceptifs à tous les styles de House Music, notamment à la Tech-House et la Progressive House. Cette évolution a permis aux Djs Tunisiens d'exprimer leurs talents et de jouer les vinyls qu'ils ont toujours souhaité jouer (voir Samy Chelly, DJ de Sfax !). 

Le Dubstep est un style de musique qui a envahi la scène underground européenne et qui commence a tracer sa route partout dans le monde, ....En Tunisie, les événements ou le Dubstep est présent sont de plus en plus nombreux : Sounds Of Dillusion, les sessions de WFOB, le Fest… Les gens commencent a s’intéresser a cette musique ou la « Bass » est reine telle la phrase divine ‘May the Bass be with you’.

Dans le domaine de l'enseignement musical, la Tunisie a également progressé depuis la fin des années 1990 grâce aux initiatives de quelques musicologues comme Jasser Haj Youssef, Mourad Sakli et Mohamed Zinelabidine. La création de 5 instituts supérieurs de musique implantés sur tout le territoire, le lancement d'une vingtaine de festivals internationaux et l'ouverture d'une unité de recherche doctorale en musicologie sont les preuves d'une évolution dans ce domaine.

Le Centre des Musiques Arabes et Méditerranéenne est un établissement culturel multidisciplinaire consacré à la musique arabe. Il réunit dans le cadre d'une vision globale et intégrée les activités scientifiques et intellectuelles avec une programmation musicale de qualité. Le siège du Centre des Musiques Arabes et Méditerranéennes se trouve au Palais Ennejma Ezzahra, maison du Baron Rodolphe d'Erlanger à Sidi Bou Saïd..

Comment Kamel Ferjani juge-t-il l’état actuel de la musique tunisienne?

Malheureusement, la situation actuelle de la musique tunisienne nécessite une sérieuse réflexion et une mise à niveau, même si le niveau des compositeurs et musiciens d’une manière générale varie d’un artiste à un autre. La production musicale demeure dans sa majorité écrasante, réservée à la chanson légère ou ce qu’on appelle la chanson “sandwich”. Le fait que la musique soit devenue un produit commercial a contribué à la détérioration de sa qualité. Les sociétés de production, les musiciens ainsi que tous les autres acteurs du secteur ont tous une part de responsabilité dans cet état de fait. Malheureusement, une grande partie des musiciens est sur la voie d’opter pour le chemin de la légèreté, à savoir produire à des fins uniquement commerciales. Et c’est le secteur de la création musicale et de la musique en général qui en souffrent. Cette situation est commune à tous les pays arabes. Le secteur de la musique nécessite, de ce fait, une refonte totale, aussi bien dans sa composante production qui au niveau de la diffusion et de l’enseignement. (source)

Pour les chanteurs, faire un crochet à Beyrouth

Incarnation du glamour et de la réussite, les stars orientales séduisent en effet les jeunes des deux sexes. Les filles se sont ruées au concert du chanteur égyptien Ihab Tawfiq, en août 2009, à Carthage, et c’est la chanteuse libanaise Nancy Ajram qui a fait salle comble, pour la Saint-Valentin, lors d’un concert exceptionnel près de Tunis.

Paradoxe : certaines stars tunisiennes ont dû passer par les télévisions orientales pour se faire connaître dans leur pays. C’est le cas du jeune Sfaxien Ahmed el-Cherif, découvert grâce à la Star Academy libanaise, de même que Wafa Boukil. L’an dernier, la chanteuse a par ailleurs fait le choix judicieux d’internet comme principal support pour la promotion de son titre « Tir Biya », ouvert sur les musiques du monde, teinté de rythme occidental… mais 100 % tunisien. Et il a fait un carton.

La naissance de chaînes de télévision comme Nessma TV ou Hannibal, de radios comme Mosaïque FM et de maisons de production comme Cactus TV, est propice à l’émergence de stars made in Tunisia. Les Tunisiens ont eu, en 2007, leur première Star Ac’ (Star Academy Maghreb) sur Nessma TV et se sont passionnés pour ce télé-crochet. Seul regret, c’est une Marocaine qui a décroché la victoire. Après les castings en octobre et novembre, la Star Academy Maghreb 2 devrait être programmée très prochainement.

C’est aussi sur Nessma qu’officie Kawtar Boudarraja, la jeune et belle chroniqueuse (marocaine) de l’émission Ness Nessma. Abordée dans la rue, elle se laisse prendre en photo avec des jeunes et se prête au jeu des autographes. « En Tunisie, les personnes célèbres ont peu de vie publique, explique l’animatrice. Mais, en général, les jeunes sont dans un rapport de proximité avec les stars qu’ils apprécient et ils n’hésitent pas à les approcher quand ils le peuvent. ». (source)

 

Bibliographie

  • Hamadi Abassi, Tunis chante et danse. 1900-1950, éd. Du Layeur, Paris, 2001

 

Notes

  • Musique underground tunisienne, se réfère à la musique interprétée par des artistes tunisiens dans un style différent de celui du courant classique ou traditionnel. Elle est souvent désignée comme une musique alternative. L'utilisation du terme « underground » pour définir une scène musicale arabe revêt une signification légèrement différente que celle généralement connue en Occident. Étant donné que la scène musicale contemporaine en Tunisie rassemble un nombre limité de styles musicaux, la musique underground inclut tous les artistes ou groupes qui chantent ou composent dans un genre différent (musique électronique, rap, reggae, rock 'n' roll, metal, jazz, etc.).
  • La Rachidia ou Association de l'Institut Al-Rachidi de musique, est un institut de musique tunisienne qui voit le jour en 1934 grâce à une élite de mélomanes dirigés par Mustapha Sfar (Cheikh El Médina de Tunis). C'est la première institution musicale en Tunisie et une des plus vieilles institutions de musique arabe. Son but principal est la sauvegarde du Patrimoine musical traditionnel, de valoriser et d'enrichir le patrimoine tunisien à travers de nouvelles créations inspirées des règles de la musique ifriquienne et de répertorier le malouf tunisien en réaction à l'envahissement des espaces publics (cafés) par les disques orientaux ainsi qu'à l'apparition de chansons tunisiennes en français (défense de l'identité nationale en période de colonisation). Ce n'est qu'à partir des années 50 que l'enseignement y est introduit avec la même mission de sauvegarde du patrimoine et d'encouragement de la créativité et de l'innovation chez les jeunes musiciens de tous horizons.
  • Malouf tunisien, Le malouf occupe dans la tradition musicale tunisienne une place privilégiée car il comprend l'ensemble du patrimoine musical traditionnel et englobe aussi bien le répertoire profanehazl) que les répertoires religieux (jadd) rattachés aux liturgies des différentes confréries soufies. Il recouvre toutes les formes de chant traditionnel classique : le muwashshah, genre post-classique dont la forme se détache du cadre rigide du qasideh classique, le zajal qui s'apparente au muwashshah mais fait surtout usage de la langue dialectale, et le shghul, chant traditionnel « élaboré ». Mais la forme principale du malouf est la nouba, terme désignant à l'origine la séance de musique et que l'on peut aujourd'hui traduire par « suite musicale ». 
  • le Stambali


Liens internet



Tunisia is a North African country with a predominantly Arabic-speaking population. The country is best-known for malouf, a kind of music imported from Andalusia after the Spanish conquest in the 15th century. Though in its modern form, malouf is likely very dissimilar to any music played more than four centuries ago, it does have its roots in Spain and Portugal, and is closely related to genres with a similar history throughout North Africa, including malouf's Libyan cousin, Algerian gharnati and Moroccan ala or Andalusi. During Ottoman era, matlouf was highly influenced from Turkish music. Even now most of matlouf examples are very similar to Turkish classical music.

20th century musicians from Tunisia include Anouar Brahem, an oud player, and El Azifet, a rare all-female orchestra, as well as well-known vocalist Raoul Journo, Lotfi Bouchnak, Khemais Tarnane, Saliha, Saleh Mehdi, Ali Riahi, Hedi Jouini, Fethia Khairi, Chikh El Ofrit, Oulaya and Neema.

Popular singers include Nabiha Karaouli, Latifa, Saber el Robbai, Amina, the late Thekra, Soufia Sedik, Amina Fakhet, Nawal Ghachem and Sonia Mbarek

21st century alternative music groups include Neshez, Zemeken, Aspirine, Kerkennah and Checkpoint 303. 

Modern music festivals in Tunisia include Tabarka Jazz Festival, Testour's Arab Andalusian Music Festival and the Sahara Festival in Douz.

Par Mario Scolas - Publié dans : Musiques tunisiennes - Communauté : musiques en Tunisie
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