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11 novembre, jour de la saint Martin

11 novembre, jour de la saint Martin

"A la Saint Martin il faut goûter le vin"

Le catholicisme romain a enfanté puis mis en forme toutes les figures de l'imaginaire occidental. Le patrimoine spirituel et culturel du catholicisme est d'une variété et d'une fécondité extraordinaires. Au-delà des apparences d'une institution aux péripéties historiques fabuleuses, son universalisme continue de rayonner. Et cela se traduit également dans le monde rural.

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Jadis, partout en Europe, s'ouvraient le jour de la saint Martin, les dernières grandes foires de l'année. C'est un moment privilégié de l'année, au même titre que les vendanges en automne. On y faisait commerce de cochonailles, d'oies et de canards gras. C'est à la Saint Martin que traditionnellement on tue le cochon.

 
Une fois les travaux des champs terminés, le paysan pouvait s'attaquer à la préparation de l'hiver et s'apprêter à la tuaille du cochon, la confection des salaisons et au fumage de la viande, en priorité. Or, certaines parties du cochon devaient être consommées assez rapidement. De toute cette viande, on va désosser, découenner, denerver, dégraisser...Ce cochon présent dans chaque ferme, élevé toute une année, verra la fin de sa vie dans chaque famille. Cette époque est la plus propice pour les raisons suivantes: il fait froid ce qui facilite la conservation de la viande (pas de réfrigérateur) et surtout il n'y a pas de mouches. Le travail de la terre étant plus calme permet la disponibilité de la main d'œuvre.

Grande festivité villageoise

C'était l'occasion d'organiser une grande fête pour la famille et les amis. On venait aussi tirer le vin nouveau des dernières vendanges et goûter la bière de Noël spécialement brassée à cette occasion. Devant les difficultés de conservation, les brasseurs confectionnaient autrefois leurs bières aux rythmes des récoltes. Afin d'écluser leur reste de matière première pour pouvoir accueillir la nouvelle récolte, les brasseries du nord de l'Europe utilisaient toutes leurs réserves d'orge et de houblon pour confectionner en octobre (elle était à l'origine appelée bière d'octobre) une bière destinée à être consommée à la fin de l'année. C'était une bière de type ale, forte et dense, puisque riche en matière première. Elle était traditionnellement offerte aux employés et aux bons clients en guise d'étrennes. Ces contraintes de conservation et de transport ont aujourd'hui disparu, mais cette tradition a donné lieu au commerce d'une bière de saison disponible uniquement pendant le mois de décembre. Le "mal de Saint Martin" reste l'expression populaire pour parler d'ivresse due aux excès de boisson pendant les foires de la Saint Martin.

Fêter la Saint Martin signifie faire bonne chair, c'est une fête d'abondance comme le Mardi Gras. Ceci s'explique par le fait qu'après la Saint Martin commençait le petit carême de Noël. Cette période de sacrifices se justifie par la non conservation de certain aliments tiré du cocbon, par exemple : les pâtés, les boudins. Alors chaque voisin tour à tour donne à ses amis un bout de pâté de foie, un bout de fromage de tête, des boudins etc...Ainsi en était la solidarité au fil des ans pour le mieux être de tous.

C'était aussi l'occasion de renouveler les baux de fermages et d'engager pour l'année les ouvriers agricoles.

Les marchés de Noël sont les cousins de ces anciennes foires de la Saint Martin.

Dans le Nord et le Pas-de-Calais la Saint Martin est fêtée par les enfants qui défilent dans les rues en brandissant des lanternes réalisés dans des légumes creusés, en particulier desbetteraves. Cette coutume très ancienne appelée fête des Guénels célèbre la fin des travaux agricoles. Le mot guénel est issu de l'assimilation durant le haut Moyen Âge des mots « gai » et « noël » . Cette fête consiste en un concours de sculpture de betteraves sucrières ; ensuite les enfants se promènent et demandent des sucreries aux passants en chantonnant une chanson traditionnelle en patois boulonnais.

Les petits enfants allemands, autrichiens et hollandais fêtent aussi la Saint Martin. La nuit du 11 novembre ils passent dans les maisons pour apporter des petits pains briochés auxenfants sages et des crottes d'ânes aux paresseux. Puis le soir, on déguste une oie rôtie en famille.

Vin et Culture: Le 11 novembre rime avec l'odeur des châtaignes grillées et le goût du vin nouveau.

Qui est Saint Martin de Tours ? Un soir d'hiver près d'Amiens, Martin qui était officier dans les légions romaines, rencontre un mendiant grelottant. Il enlève le grand manteau qui l'enveloppe, sort son épée du fourreau et le coupe en deux : la moitié pour le mendiant, l'autre pour lui. A la suite d'un songe dans lequel le mendiant a le visage du Christ, Martin se convertit au christianisme et quitte l'armée. Il deviendra ensuite évêque de Tours. Voir aussi : « Invite les pauvres ».
 
Ouverte aux associations, la culture populaire, rapproche cette histoire de l'ouverture des bogues des châtaignes pour y voir un emblème du passage à l'hiver. Observez une bogue après son mûrissement, vous la verrez ouverte, coupée en deux, symbolisant les deux périodes. Le manteau (la mère) qui couvre le fruit est bien celui, "fait de poils grossiers" de Martin qui avance sur son âne, en quête d'âmes à convertir. La conversion de l'été à l'hiver provoque la déchirure du manteau et l'accouchement du fruit automnal préfigurant la naissance, 40 jours plus tard, du soleil nouveau, de Jésus ou de Mithra.
Une tradition veut que griller des châtaignes vers la période des morts, ce sont autant d'âmes du purgatoire qui passeront au Paradis.

Petite chanson de Lorraine qui s'articule bien avec la tradition

Martin prend sa serpe
Dans le bois s’en va
Faisait grand froidure
Le nez lui gela
Ah quel dommage, quel dommage Martin
Martin quel dommage
Martin prit sa serpe
Il se le coupa
Dans le crux d’un arbre
Martin le cacha... etc.

Fête de la Saint-Martin en Flandre et en Belgique

On fête sur le territoire de la Flandre historique (principalement dans le Westhoek, la vallée de la Dendre et à Beveren), la Saint-Martin le soir du 10 novembre (ainsi que le soir du 11 novembre avant la Seconde Guerre mondiale).

Selon la légende, en effet, saint Martin portant la bonne parole sur les côtes flamandes, aurait perdu son âne parti brouter ailleurs, alors qu'il tentait d'évangéliser les pêcheurs d'un petit village, futur Dunkerque. À la nuit tombée, les enfants du pays se mettant à sa recherche, avec force lanternes, l'ont retrouvé dans les dunes, en train de manger des chardons et desoyats.

Pour les remercier, saint Martin a transformé toutes les petites crottes de l'âne en brioches à la forme particulière, que l'on appelle folard (Voolaeren, en flamand occidental), oucraquandoules.

Les enfants chantent en Flandre française, cette chanson, le soir de la Saint-Martin :

« Saint Martin
Boit du vin
Dans la rue des Capucins
Il a bu la goutte
Il a pas payé
On l'a mis à la porte avec un
Coup d'balai »

En défilant dans la rue, avec une lanterne en forme de tête, creusée dans une betterave. Après le défilé, on leur donne un folard et une orange, et le concours de la plus belle lanterne est organisé.

Cette façon de fêter la Saint-Martin montre bien qu'on a cherché à christianiser des usages anciens liés à la fête païenne de Samain qui survit sous le nom d'Halloween aux États-Unis. À la différence d'Halloween qui est une fête de la nuit et de la mort, la Saint-Martin est la fête de la vie et de la lumière. Samhain représente le renouveau et donc les 2 aspects à la fois. De plus, selon le calendrier de Coligny, cette période était celle du nouvel an chez les Gaulois.

Une tradition similaire existe aussi en Alsace et en Allemagne dans le Pays de Bade ainsi qu'aux Pays-Bas.

Bien que commémoration chrétienne, en Flandre, la Saint-Martin est comme Noël fêtée dans les écoles laïques.

Il est aussi fêté à Visé (Liège) puiqu'il est le patron des arquebusiers depuis 1579, lesquels le fêtent toujours depuis l'origine de leur gilde.voir www.1579.be

Dans les cantons de l'est également il reste comme en Allemagne un saint très populaire dont la fête donne lieu à des réjouissances similaires à celles qu'on trouve en Flandres.